Publié dans Kangouvirus

Vous avez dit multi-culturel ?

En guise de souhaits de « bonnes vacances » (les deux semaines de vacances d’hiver commencent aujourd’hui), le lycée nous envoie le message du Chief Health Officer, présentant la dernière actualisation de la situation sanitaire et des mesures de protection.

Au cas où nous aurions du mal à comprendre en Anglais, on peut aussi la trouver traduite dans « quelques » autres langues :

  • Acholi
  • Amharic
  • Arabic
  • Chinese (simplified)
  • Chinese (traditional)
  • Dari
  • Dinka
  • Falam
  • Farsi
  • Hakha Chin
  • Hazaragi
  • Hindi
  • Khmer
  • Nuer
  • Oromo
  • Punjabi
  • Samoan
  • Sinhalese
  • Somali
  • Swahili
  • Tamil
  • Tigrinya
  • Tongan
  • Turkish
  • Urdu
  • Vietnamese
  • Zomi

Qui dit mieux ?!

Publié dans Kangouvirus, Non classé

Retour à l’école version Australienne

Ici, les connaissances épidémiologiques concernant le virus et ses modes de transmission sont au premier plan. Le principe de base est donc que l’école est un lieu qui regroupe des individus peu porteurs et peu transmetteurs, en bonne santé. Donc un lieu où le risque de transmission/contamination est très faible. Les mesures mises en place visent donc à diminuer un risque déjà très faible. Et ce risque existe principalement entre adultes, donc concerne essentiellement les enseignants et les parents. Les enfants, eux, peuvent continuer à vivre de manière assez normale, surtout à l’école primaire.

Certaines mesures d’hygiène et de distanciation étaient déjà en place avant le confinement : gel hydro alcoolique à disposition, lavage des mains plus fréquents, mouchoirs jetables (et gestion des poubelles), intensification du ménage. D’autres mesures ont été mises en place : suppression des fontaines d’eau potable, non-partage du matériel de papeterie. D’autres mesures ont été intensifiées : on s’assoit toujours « one chair away », mais en primaire, les grandes tables ont été écartées les unes des autres, supprimant ainsi l’espace central où les enfants avaient l’habitude de s’assoir par terre pour écouter les leçons. La grande nouveauté est donc que maintenant, en classe, il faut rester assis à une table tout le temps, chacun à sa place, et qu’on n’a pas le droit de se déplacer.

Pendant les récréations, les enfants doivent être attentifs à ne pas rester en gros groupes, et les consignes de ne pas se faire de câlins sont données régulièrement. Mais la cour est tellement grande que ça ne pose vraiment pas de problème. Toutes les structures à grimper, balles, terrains de sport et bac à sable sont accessibles… et nettoyés deux fois par jour.

Par contre, les adultes, eux, et surtout entre eux, ont un risque plus élevé de transmettre et d’attraper le Covid. La règle des 4 mètres carrés par personne en intérieur, ainsi que celle des 1,5 m de distance, s’appliquent. Et les consignes aux parents sont très strictes, l’objectif numéro 1 étant de protéger les enseignants ! Les arrivées le matin sont échelonnées par niveau, il faut être à la bonne porte à la bonne heure (à 5 min près). Et interdiction de rester sur le trottoir à papoter, le directeur y veille ! Pour récupérer les enfants, les parents doivent être éparpillés sur le terrain de sport, à distance les uns des autres, les enfants viennent les rejoindre, et on doit quitter les lieux immédiatement. Et interdiction de parler aux enseignants ! Si besoin, on communique par mail ou par rendez-vous téléphonique. Et les consignes sont redites tous les jours, par la directrice, sur la sono de l’école. On ne risque pas de les oublier !

Les consignes pour les parents …

Au niveau des enseignants, les réunions se font toujours par « Zoom », et la salle des profs a été aménagée/dédoublée, avec un nombre limite de personnes.

Et pour tous, l’élément qui a été le plus répété, c’est que pour aller à l’école, il faut être en bonne santé ! A la moindre fièvre, toux, rhume, fatigue, etc … ou contact avec une personne porteuse de coronavirus, ou revenant de l’étranger, interdiction absolue de mettre son enfant à l’école, mais prière de le garder 14 jours à la maison, et/ou de ne revenir qu’avec un résultat négatif de test Covid !

Les autorités de santé ont annoncé que « le risque zéro n’existe pas. Donc il y aura des cas de Covid dans les écoles. A ce moment-là, on fermera l’école le temps de tester tout le monde et de tout désinfecter. Et ça peut se produire pendant des mois, jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin efficace et généralisé. » Bon, nous voilà prévenus. Chacun a donc sa part de responsabilité à assumer pour que ça n’arrive pas, ou le moins possible !

Moyennant quoi, les écoles, après avoir basculé en enseignement à distance mi-avril, rebasculent en enseignement en présentiel, après 8 semaines bien remplies de « on-line learning ». Nous continuons donc sur le rythme habituel : école de 8h30 à 15h30, 5 jours par semaine.

Pendant les premiers jours, l’accent a été mis sur la dimension « well-being » (bien-être) : parler de son ressenti, en particulier de ses inquiétudes, de ce qu’on a aimé et pas aimé pendant le confinement et l’enseignement à distance, etc… Et aussi sur la dimension collective, et le plaisir d’être ensemble, notamment par la prof de sport avec une grande toile de parachute …

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Public holidays / jours fériés

Eh oui, nous avons l’habitude de « nos » jours fériés, comme une évidence immuable et non-négociable. Et pourtant, à l’échelle de la planète, chaque pays a « choisi » ses jours fériés, en fonction de son histoire, de sa culture, etc …

Qu’en est-il donc de l’Australie ? Nous avons découvert à la fois des jours fériés inédits, et l’absence de certains jours fériés …

En janvier, nous avons vécu la fête nationale, le 26 janvier (et pas du tout le 14 juillet). Cette fête s’est d’abord appelée « Foundation Day », ou « first landing day » et commémorait l’arrivée du premier gouverneur britannique, en 1788, autrement dit le début de la colonisation de l’Australie par les Anglais. Dans les années 30, les mouvements de soutien et de reconnaissance des Aborigènes (on dit « first people ») ont fait évoluer les représentations, et la fête nationale est devenue « Australia Day », englobant ainsi toutes les cultures, et ouvrant une vision plus globale de l’histoire (il y avait du monde sur cette île, avec leurs langues et leurs cultures, avant que les Anglais ne débarquent !)

Le deuxième lundi de mars, c’est la fête du travail (équivalent du 1er mai en France, qui, lui, n’est donc pas férié) … mais seulement pour l’état du Victoria qui cette année a donc fêté « May Day » le 9 mars. Si vous allez à Canberra ou Sydney, la fête du travail est en octobre. Et si vous voulez un 1er mai férié, alors vous allez dans les états du Nord (à Alice Spring, Brisbane et la grande barrière de corail). C’est pourtant simple !!

Ensuite, le 21 mars, il y a un jour … pas férié, mais très important : « Harmony Day ». C’est la traduction locale de la Journée Internationale des Nations Unies pour l’élimination des discriminations raciales. Une cérémonie et des spectacles multiculturels étaient prévus dans les écoles, mais la situation sanitaire a modifié les plans …

Autour de Pâques, il y a aussi un jour férié, mais c’est le vendredi, et pas le lundi, ce qui est classique dans les pays d’origine protestante. Et c’est tellement évident pour tout le monde, que le supermarché du quartier ne met même pas d’affiche pour expliquer qu’il est fermé. Il est fermé, c’est tout !

Le 25 avril, c’était « Anzac Day », qui commémore tous les soldats morts à la guerre, toutes guerres confondues.

Donc nous  n’avons eu aucun des jours fériés habituels au printemps en France : pas de 1er mai (c’était en mars), pas de 8 mai (c’était le 25 avril), pas de jeudi de l’Ascension (c’est une fête perçue comme « catholique » donc pas représentative de l’ensemble de la population ; s’il y a 52% de chrétiens en Australie, seulement 20% sont catholiques), et pas de lundi de Pentecôte (Pentecôte est le dimanche, pourquoi se reposer le lundi ?).

Par contre, lundi qui vient, nous avons un jour férié : c’est Queen’s Birthday !! (sauf pour certains états australiens, qui célèbrent l’anniversaire de la reine en septembre ou octobre …) Mais de quelle reine est-ce donc l’anniversaire ? de Sa Majesté la reine d’Angleterre, bien sûr ! Elle est née un 9 juin ? Pas du tout ! La date a été fixée arbitrairement depuis 1936 au deuxième lundi de juin. Auparavant, c’était un jour variable, correspondant au vrai jour d’anniversaire du monarque Britannique.  

Et pour le jour férié suivant en Australie, il faudra attendre novembre (Melbourne Cup) ou Noël. On espère bien être rentrés en France d’ici-là !!

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Testée pour le Covid !

La semaine dernière, Sarah était malade, un mal de ventre un peu bizarre, avec un peu de fièvre… Nous décidons donc de l’emmener chez le médecin, pour que quelqu’un d’autre que moi puisse lui examiner le ventre et rassurer tout le monde.

Mais ce n’est pas si simple que ça !! L’organisation du système de santé en Australie s’est adaptée à l’épidémie en cours … Le résultat, c’est que pour simplifier la vie des médecins généralistes (et des autres médecins en cabinet), et éviter les risques de contamination dans la salle d’attente, ainsi que les contraintes de désinfection, les patients « à risque » d’être porteurs du Covid ne rentrent pas dans le cabinet ! Et dans la catégorie « à risque », il y a « fièvre » (et aussi toux, mal de gorge, contact avec quelqu’un de positif, personnel soignant, etc …).

Donc l’infirmière du cabinet se précipite dès l’entrée (et si possible même dans la voiture sur le parking, à travers la vitre ouverte), pour prendre la température de Sarah, et m’explique très gentiment « elle a de la fièvre, elle ne peut pas rentrer, le médecin ne peut pas la voir, vous devez aller au centre de dépistage pour un test. Si le test est négatif, alors vous pourrez venir en consultation ».

Nous voilà donc reparties, direction le centre de dépistage, dans la même rue, entre le généraliste et notre logement. Il n’y a pas de file d’attente, donc tout va très vite. Nous sommes accueillies à l’extérieur du bâtiment par une infirmière toute habillée-gantée-masquée, très gentille, à qui j’explique mon histoire. Nous sommes invitées à nous laver les mains au spray, à mettre un masque, elle reprend la température de Sarah, la mienne aussi au passage, et nous donne un ticket chacune.

Deuxième étape : dans le bâtiment, au comptoir d’accueil, il y a des secrétaires qui créent un dossier dans leur ordinateur, et font vérifier trois fois le numéro de téléphone. Les distances de sécurité sont respectées, et c’est un peu compliqué de faire ça à deux mètres de distance, tout le monde masqué, pour épeler nos noms à consonance étrangère (pour elles).

Entre temps, Sarah est devenue toute blanche et n’arrive pas à respirer sous son masque. On lui trouve une chaise dans un coin, et un médecin arrive tout de suite. Rien de grave. Assise, ça va mieux.

Puis nous entrons dans la salle de « consultation ». L’ameublement est très minimaliste : un bureau avec un ordinateur, une boite de mouchoirs en papier et une boite de gants, une chaise pour le médecin, une poubelle, deux chaises pour Sarah et moi, et … c’est tout !! Au moins, c’est facile à désinfecter ! Le médecin est un « junior doctor » (interne ?) très sympa, qui fait tout ce qu’il peut pour rassurer Sarah. Je lui réexplique notre histoire. Il va chercher un appareil pour mesurer le rythme cardiaque et la saturation en Oxygène, tout en s’excusant de la taille et du bruit de son appareil, parce qu’ils ont dû équiper la clinique dans l’urgence alors ils ont ressorti du vieux matériel. Il s’excuse aussi de ne pas pouvoir examiner Sarah et lui palper le ventre, mais vu qu’il n’y a pas de table d’examen, à part l’allonger par terre, c’est vrai qu’il ne peut pas faire grand-chose de plus.

Il fait le prélèvement à Sarah (le coton-tige au fond du nez), me dit que de son point de vue, je ne suis pas obligée de faire le test mais qu’il peut le faire si je le souhaite. De toute façon, si le test de Sarah est positif, il faudra tester toute la famille. Donc je décline sa proposition pour l’instant. Les résultats de Sarah arriveront dans 48h, soit par SMS si c’est négatif, soit par appel téléphonique si c’est positif.

C’est bien beau tout ça, mais … elle a toujours mal au ventre, qu’est ce qu’on fait ? Ben … soit vous considérez que c’est vraiment grave et vous allez aux urgences de l’hôpital (eux, ils sont équipés pour la désinfection spécial Covid), soit vous rentrez chez vous, vous la surveillez et vous irez voir votre généraliste quand vous aurez le résultat négatif du test. il a même pris le temps d’appeler son collègue des urgences pédiatriques, pour le prévenir.

Monash hospital (enfin, le bâtiment historique, il y a plus neuf à côté)

Finalement, on a décidé d’attendre, et on a bien fait. Le temps qu’on reçoive le résultat du test (négatif), Sarah allait bien mieux, et on n’a pas eu besoin d’aller chez le médecin ! Ouf !

Je suis quand même partagée entre l’aspect saugrenu, incongru de « elle est malade donc le médecin ne peut pas la voir », et … l’admiration pour l’organisation pragmatique et efficace des centres de dépistage, mis en place si rapidement ! Et je suis bien désolée pour les médecins généralistes français, qui vont, en plus de leur activité normale, devoir faire les tests, l’information, le traçage des contacts, et tous les nettoyages supplémentaires …

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Petit abécédaire de l’école en Australie (tome 3)

P comme Public / Privé

On a eu un peu de mal à comprendre la différence entre public et privé, car ça ne se superpose pas vraiment avec la distinction en France … Même dans les écoles publiques, si on n’a pas le bon visa, on doit payer des frais de scolarités assez monstrueux (si on avait dû payer le vrai prix pour la scolarité de nos trois enfants, la totalité du financement de JF y passait, on aurait dû choisir entre se loger ou les mettre à l’école !). Nous étions donc très heureux d’avoir le « bon visa », qui nous considère comme des « résidents temporaires » et pas comme des étrangers ! Au passage, ce n’est pas mal de se rappeler ce que coûte vraiment une école, un bâtiment, des structures, des enseignants, etc … Ce n’est pas un « dû », justement !

Quant aux établissements privés, on n’a eu aucun contact, mais il parait que les frais de scolarité sont les frais réels … Mais pourquoi donc certaines personnes mettent leurs enfants dans le privé en Australie ? Les réponses que nous avons eues autour de nous sont « pour le prestige » et « pour avoir le bon réseau » … J’ai écouté poliment quand on m’a expliqué ça, mais je dois avouer que ça me dépasse un peu, comme mentalité …

R comme Ratio adultes/enfants

Ca, c’est une des grosses différences entre la France et l’Australie ! Et ça nous épate ! Avec quasiment le même budget national, ils arrivent à avoir quasiment deux fois plus d’adultes que nous en France pour le même nombre d’enfants.

Dans l’école primaire de Sarah, il y a, pour environ 300 enfants répartis sur 15 classes : bien sûr, une maitresse par classe, mais aussi une directrice à plein temps, un directeur adjoint à plein temps, une à deux personnes en permanence à l’accueil-secrétariat (ce qui correspond à au moins 4 personnes physiques), il y a aussi une comptable + les enseignants spécialisés (sport, musique, art, japonais) + la « EAL teacher », + une ou deux « well-being teacher » (voir « W ») + un homme d’entretien + les gens qui font le ménage + les bénévoles … ça laisse rêveur …

S comme Skills

« Skills », ce sont les compétences. Et c’est un mot qui est beaucoup plus utilisé que « knowledge », les connaissances. Tous les enseignants parlent des « skills », et même les enfants ! Dès le primaire, ils y sont sensibilisés : au début de chaque leçon, la maitresse leur explique les « Learning Intentions » (objectifs d’apprentissage) et les « Success Criteria » (critères de réussite), qui sont écrits au tableau, et que les enfants recopient dans leurs cahiers. C’est comme si on donnait à l’enfant les outils pour savoir ce qu’il doit apprendre, ce qu’il doit être capable de faire … et on apprend à l’enfant à s’auto-évaluer (en comparant ce qu’il a fait aux critères de réussite annoncés).

Et les « skills » ne concernent pas seulement la dimension « scolaire », « intellectuelle » des apprentissages. Il y a aussi tous les « motor skills » (savoir attraper une balle est aussi important que maitriser l’orthographe), et les « social skills » (être à l’aise en société, savoir se faire des amis ou parler en public), qui sont « enseignés » à l’école, et attendus des élèves, y compris au lycée !

T comme Terrain de Jeux

Ca aurait pu être « E comme Equipment », parce que c’est comme ça qu’on appelle les « structures à grimper » gigantesques qui sont dans les cours de récréation. Le terrain autour des écoles est immense, comparé à la France : quel luxe (ou quelle chance ?) d’avoir construit des écoles en même temps que les villes, ou légèrement en-dehors des villes, et pas juste d’essayer de les faire tenir dans un espace restreint … Dans l’école de Sarah, il y a plusieurs cours de récréation, 4 terrains de tennis, un terrain de cricket, et encore plein d’espace autour. Et il y a trois structures différentes, dont une qui monte jusqu’à 4 ou 5 mètres de haut, avec toboggans, barres pour se suspendre, mini-tyrolienne, trucs divers pour marcher en équilibre, grimper, s’accrocher, se défouler ! Ah, j’oubliais le bac à sable, grand comme une salle de classe et ombragé, et les pneus à moitié enterrés sur lesquels on peut aussi jouer et grimper !

Et on a même le droit d’y rester après la fin des classes, puisque « c’est une école publique, donc les structures sont publiques, et bien sûr les enfants de l’école peuvent y accéder même en-dehors des horaires scolaires » … ça alors !

Un jour, la maitresse m’a dit que, vraiment, Sarah était tout le temps sur les barres (au point d’avoir des ampoules plein les mains), « comme si elle n’avait pas l’habitude ». Et là, j’ai essayé de lui expliquer qu’effectivement, elle n’avait pas l’habitude, parce que, en France, la majorité des écoles n’ont que des cours de récréation complètement nues, le plus souvent même sans arbres. Elle m’a fait répéter trois fois, et je crois qu’elle ne m’a pas crue …

Dans un autre coin de la cour de l’école, il y a aussi un jardin potager et un poulailler. Sarah s’inscrit régulièrement pour aller nourrir les poules et ramasser les oeufs, avec les deux « grandes » de 12 ans qui sont responsables de ça : c’est trop bien !

Et aussi, bien sûr, les enfants ont le droit de se fabriquer des cabanes entre les arbres, derrière les haies, etc … Ils ont en tout et pour tout 30 min de récré le matin et 1h au moment du lunch, mais ils en profitent à fond !

Le plus grand « playground » de la cour (Sarah, à gauche, donne l’échelle)
Le « playground » des 5-7 ans

U comme Uniforme

Et oui, l’Australie est un pays où la quasi-totalité des écoles ont un uniforme. Chaque école a le sien, ses règles et son degré d’application des règles.

Au début, nos enfants trouvaient ça bien étrange : Sarah récalcitrante, Claire très contrariée à l ‘idée d’être en robe tous les jours, et Simon un peu dépité et coincé avec son blaser. Mais tout le monde s’est habitué très vite. Sarah « se sent bien dedans » et est très heureuse de le mettre tous les matins. Pour les deux grands, c’est moins flagrant : ils ont intégré comme une évidence que c’est ça la tenue d’école … mais sont très heureux de se changer dès qu’ils arrivent à la maison, pour retrouver des vêtements un peu plus confortables !

Trois écoliers prêts pour les cours !

La différence entre l’uniforme de primaire et celui du secondaire est manifeste. Dans un cas, l’objectif est que les enfants soient confortables et puissent bouger tant qu’ils veulent, et chacun peut choisir s’il préfère robe, short à plis, short droit, short-jupe, jupe ou pantalon. C’est fonctionnel. Dans l’autre … c’est plus subtil à expliquer, mais quelque chose comme « on vous prend pour des grands, sérieux, raisonnables, futurs adultes qui serez bien habillés pour aller travailler ». Et c’est vrai, après tout, dans la plupart des postes, la tenue vestimentaire est importante. Peu de travailleurs peuvent s’habiller en jean troués-Tshirts avachis sur leur lieu de travail. Alors, pourquoi pas considérer les ados comme des futurs adultes, plutôt que comme une catégorie à part ?…

L’uniforme contribue aussi à donner aux enfants le sentiment d’égalité entre eux, et en même temps d’appartenance à un groupe. Ce groupe, c’est l’école toute entière (y compris des camarades que je n’ai pas choisi et que je n’aime pas), et pas seulement mon groupe de copains. Et un autre effet de l’uniforme, c’est que la manière dont je me comporte quand je suis en uniforme montre aux gens la « qualité » de mon école …

Une particularité avec les uniformes : les signes religieux sont autorisés (turban sikh, foulard musulman, etc …) à condition qu’ils soient discrets, et … d’une couleur assortie à l’uniforme ! Quelle belle manière toute simple de concilier l’individualité et l’appartenance à un groupe plus large !

Le choc culturel a été non seulement l’uniforme, mais aussi les magasins d’uniformes ! Car en début d’année, il faut s’équiper ! Et tout se trouve dans des magasins dédiés, qui ressemblent à ça :

Pour les uniformes, il y a des magasins spécialisés…
Tout est bien rangé avec un rayon par école.

Heureusement que les vendeuses sont nombreuses et bien au courant; elles nous ont été très utiles !

Il a aussi fallu s’adapter au niveau des lessives ! Pour avoir des vêtements propres tous les matins (5 jours par semaine pour 2 ados et une sportive), il faut en faire des lessives !! Et est-ce que je peux laver sans risque dans la même machine un T-shirt orange pétard et une chemise blanche ?? Je n’ai jamais osé essayer !

V comme Vocabulaire …

J’ai déjà mentionné que l’Anglais n’était pas une « langue étrangère », mais une « langue additionnelle », et que je trouvais la différence intéressante (voir E comme EAL). Il y a un certain nombre d’autres exemples où l’usage d’un mot plutôt que d’un autre en anglais donne un sens différent à la même idée exprimée par un mot français.

Par exemple, les enfants ici ne sont pas des « élèves », mais des « students » ! C’est le même mot qu’on utilise, du début de l’école primaire (5 ans) à l’université : tous les « apprenants », quel que soit leur âge, sont des « students ». Quand j’ai appris l’Anglais au collège, j’avais appris le mot « pupil » pour traduire notre mot « élève » français, mais de nos jours en Australie, il n’est pas du tout utilisé ! Et cette nuance nous interpelle : derrière le mot « student », il y a l’idée que la personne qui apprend est active, volontaire, responsable de son apprentissage, alors qu’un « élève » est plus passif, et attend que quelqu’un d’autre lui enseigne des trucs. Est-ce qu’il faut aller jusqu’à y voir une différence profonde dans la pédagogie ? peut-être …

De la même manière, en face d’un « student », il y a un « teacher », sans aucune nuance entre l’école primaire ou le lycée : c’est le même mot. Certains « teachers » de l’école primaire sont spécialisés, dans des matières comme l’Art, la Musique, le Sport, et n’enseignent que ça. Mais inversement, au lycée, certains « teachers » ne sont pas spécialisés uniquement dans une matière : ils peuvent très bien enseigner les maths ET les sciences, ou la psychologie ET l’Anglais, par exemple. Et ça se comprend, puisque la fonction d’un « teacher » est de fournir à l’enfant les conditions pour qu’il apprenne, et pas de lui transmettre un savoir… D’ailleurs, au lycée, il n’y a pas une catégorie à part de personnel qui soient des « surveillants » : ce sont les « teachers » qui se relaient dans la cour, et en profitent pour discuter avec les élèves de manière informelle. Nos enfants trouvent ça très sympa !

W comme « well-being »

Well-being se traduit en théorie par « bien-être », mais … l’idée d’un professeur de bien-être n’est pas du tout adaptée ! Les « well-being teachers » sont des enseignants, sans classe attitrée, présents sur l’école et attentifs au bien-être psychologique des enfants. En période de rentrée scolaire, ils rassurent les parents inquiets, (entre autre ceux dont la grande fille de 10 ans ne parle pas encore anglais), et vont de classe en classe, pour passer du temps avec ceux qui en ont besoin, consoler ceux qui pleurent, repérer les enfants qui paraissent fragiles ou anxieux. Au quotidien, ils montent des projets comme le poulailler ou le potager. Ils rappellent aussi les règles concernant la santé (protection contre le soleil, hydratation) et aident à les faire respecter, et à se donner les moyens de les mettre en place (fontaines d’eau potable dans la cour, par exemple).

En période de confinement et d’école à la maison, ils sont infiniment précieux !! Dès le début, ils ont transmis aux enfants et aux parents des coordonnées de gens qu’on peut appeler si besoin, du psychologue à la protection de l’enfance. Et ils ont donné des points de repère pour le déroulement de la journée confinée, avec la nécessité d’alterner du travail et du jeu, de respecter les rythmes de sommeil et d’alimentation, de sortir, de bouger, etc … Et toutes les semaines, ils nous envoient un petit projet, ou un petit travail, pour aider l’enfant à se sentir bien et à positiver.

Les 26 mots choisis par Sarah, pour se présenter de manière positive …
Et sa « carte du coeur », avec les choses qu’elle aime, classées par catégories

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Petit abécédaire de l’école en Australie (tome 2)

H comme Horaires

Ils nous plaisent bien, les horaires Australiens, bien plus que les horaires Français ! On va à l’école 5 jours par semaine, avec chaque jour 5-6 heures de classe + 1h de pause repas. C’est régulier, ça permet de commencer pas trop tôt (8h30-9h), de finir pas trop tard (15h-15h30), d’avoir le temps de faire autre chose après, quel bonheur au quotidien ! La question de travailler le mercredi n’a jamais posé de problème à Sarah, qui s’est parfaitement adaptée, et n’est pas plus fatiguée le vendredi pour autant.

Il y a des solutions de garde le matin et l’après midi pour les familles où personne ne peut récupérer les enfants d’âge primaire. Et au lycée, il y a un nombre incroyable de « clubs » après les cours, d’activités diverses. Simon n’était pas très motivé (et le club jeux et stratégie tombait le jour où il a un cours jusqu’à 16h30, pas de chance). Mais Claire s’est inscrite à la chorale, ainsi qu’à la préparation du grand spectacle d’école (comédie musicale « Mary Poppins », avec livret officiel, auditions, et tout, et tout !).

H comme Homework (devoirs à la maison)

Alors là, il y a vraiment une grosse différence entre le primaire et le secondaire : en primaire, pas de devoirs, seulement de la lecture (« ce que vous voulez, au moins 20 minutes tous les jours », dit la maitresse), mais au secondaire, il y en a beaucoup, globalement plus qu’en France.

Sarah a eu quelques fois des choses à faire par écrit quand même, quand elle n’avait pas compris ou pas bien fait à l’école, et que la maitresse lui demandait de refaire à la maison (avec les explications des parents, ou un peu plus de soin !).

Mais les grands ont vraiment passé du temps à travailler à la maison. Avec des « gros » devoirs, cours vidéo à regarder, recherches, rédactions, etc … Claire aime bien rester au « homework club », après les cours, deux jours par semaine, où les professeurs sont à la disposition des élèves qui le souhaitent, pour aider, expliquer.

Et alors, les devoirs de vacances, c’est du jamais vu pour nous ! Claire y a passé au moins 4h par jour, tous les jours, les deux semaines de vacances ! Avec un planning de travail donné par les profs, avec des dossiers et des « devoirs-maison » à rendre, à la fin de chaque semaine. Avec aussi des professeurs qui envoient des mails pendant les vacances, qui corrigent les devoirs à la maison, et qui répondent aux mails des élèves (y compris le samedi de Pâques, d’ailleurs !)

L comme Lecture

C’est très curieux, pour nous, l’apprentissage de la lecture en Anglais ! C’est un apprentissage progressif, avec des mots de plus en plus longs. Ca parait très adapté à la langue anglaise, qui permet d’écrire des histoires entières (pas très palpitantes, je vous l’accorde) avec des mots de 3 ou 4 ou 5 lettres … Il y a donc une trentaine de niveaux de lecture, avec des livres d’apprentissage de lecture, correspondant à chaque niveau, clairement identifiés ! Les enfants ne sont pas obligés de les suivre tous, mais il faut respecter la progression.

Je vous promets, c’est une vraie histoire. Tout en mots de 3 lettres. Et en vers, s’il vous plaît.

Sarah a commencé au niveau 4 ou 5, elle est maintenant au niveau 12 ou 13 ! Ce qui ne l’empêche pas de lire d’autres petits livres à côté, empruntés à la bibliothèque municipale, ou à celle de l’école. Les autres enfants de son groupe d’EAL se répartissent du niveau 7 au niveau 20.

M comme Matières

A l’école primaire, il y a des matières qui sont les mêmes qu’en France, bien sûr : lecture, maths, orthographe, etc… Mais il y a aussi des différences. Certaines matières se font avec des professeurs spécifiques : l’Art, la Musique, le Sport. Et la langue étrangère choisie ici est le Japonais, avec un professeur spécifique aussi, bien sûr !

Et certaines matières sont enseignées de manière très différente. Il y a « inquiry » (qu’on pourrait traduire par « découverte du monde », englobant sciences, histoire, géographie). Il me semble que c’est une matière présentée de manière beaucoup plus concrète qu’en France, avec des réalisations pratiques individuelles et par petits groupes. Sarah a réalisé une « timeline », racontant une chose importante de chaque année de sa vie. Et aussi un « diorama », présentant les modes de vie de la culture aborigène et de celle de « maintenant ».

Il y a aussi le « writing » (rédaction) qui est enseigné de manière formelle. J’ai ainsi eu la chance d’assister (pour essayer de traduire pour Sarah, qui, sinon, aurait été bien perdue) à des leçons expliquant entre autres que dans une introduction, il faut présenter la réponse aux « 5 W et 1 H » (who, where, when, what, why et how). Claire et Simon pensent qu’ils n’ont jamais abordé ça avant le collège !

Et au lycée, à partir de Year 10 (équivalent de la 2de en France), les matières sont au choix. Un peu comme ce que la Réforme du lycée essaie de mettre en place en France, mais … avec déjà 15 ans d’expérience derrière eux ! Donc rassurez-vous, c’est faisable, et … c’est plutôt chouette ! Ca recoupe un point de pédagogie, exprimé par le directeur du lycée, que je trouve intéressant : « l’important, c’est que l’enfant soit motivé pour se lever et venir à l’école, pour y faire quelque chose qu’il aime ». En partant du principe que si on aime une matière, on la travaille plus volontiers, donc on réussit mieux ! Et toutes les « matières » semblent sur le même plan, de la programmation à la cuisine, en passant par le dessin ou les maths, sans les distinctions Françaises entre enseignement général, technologique ou professionnel.

En Year 10, il y a donc 3 matières imposées (Maths, Sciences et Histoire-géo-éducation civique, + Sport) et 3 matières au choix. Ensuite, il n’y a plus que des matières au choix : 6 en Year 11, et 5 en Year 12, l’année finale, très remplie avec préparation pour les examens finaux et les dossiers pour le Supérieur. Quand on leur a dit que pour le bac en France, Claire aurait dû avoir 9 épreuves, ils n’en sont pas revenus !

La variété des matières proposées au lycée nous a étonnés aussi : Claire a choisi Psychologie et Droit (« legal studies »), qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de découvrir sans notre séjour australien ! Quelle chance !

M comme « Maisons » (« house »)

En France, on a entendu parler des « maisons » d’école en lisant Harry Potter, mais figurez-vous que, effectivement, chaque élève appartient à une « maison », qu’il y en a en général 4 par école (sauf dans les écoles avec un très grand nombre d’élèves), et qu’il y a des « points » attribués, en fonction d’un certain nombre de critères.

Le badge de Dunlop, avec son emblème : la « blue wren », qu’on trouve partout dans la campagne

Les « maisons » de l’école primaire sont des personnalités australiennes connues (mais pas de moi il y a trois mois) : Dunlop (médecin pendant la seconde guerre mondiale), Namatjira (artiste peintre aborigène), Freeman (athlète championne olympique), et Wood (chirurgienne pédiatrique). Sarah est « Dunlop », et a beaucoup d’admiration pour son « house captain », qui est à ses yeux « le grand gentil qui sait tout » du haut de ses 12 ans. Et elle a un badge de sa maison, qu’il a fallu coudre sur le T-shirt d’uniforme : très important ! Et l’idée de faire gagner des points à sa « maison » est une vraie motivation au quotidien !

Les « maisons » du lycée sont des noms d’arbres australiens : Banksia (celle de Claire et Simon), Acacia, Warrata, et Grevillea. Chaque « maison » a son « chant », que les jeunes s’entrainent à répéter, à crier en fait (un peu comme des « cris de sizaines » dans les milieux scouts; on a d’ailleurs parfois l’impression que certains éléments de pédagogie sont empruntés au scoutisme !). La compétition amicale entre les maisons est favorisée, notamment dans des évènements festifs comme le « swimming carnival » (voir l’article de Claire). Et ces grands ados se prêtent volontiers au jeu !

En-dehors des événements festifs, les « house » au lycée servent de point de repère; comme les élèves ont tous des matières différentes, il n’y a pas de « groupe-classe », mais il y a des « mentor groups », de 25 élèves, au sein des « house », qui constituent l’unité de vie, le point de repère, le petit groupe d’appartenance, de chacun. Ces « mentor groups » sont constitués d’élèves de tous les âges, et se retrouvent tous les jours, avec un « mentor teacher », pour des activités variées, certaines relevant de ce qu’on appelle « vie de classe » en France, mais aussi des activités plus orientées sur la connaissance de soi et la vie en collectivité.

N comme Nourriture

A l’école ici, il n’y a pas de « cantine » ! L’idée même d’une cantine, avec l’organisation que ça représente de faire la cuisine, servir, etc … , avec des adultes qui ne feraient que ça, chaque jour, leur semble presque incongrue ! Et aussi le fait que les enfants mangent tous la même chose leur semble étrange. Chaque enfant vient à l’école avec sa « lunch box » dans laquelle on met de quoi faire un « snack » (à 11h) et un « lunch » (à 13h-13h30). Pour l’école primaire, on a reçu des consignes très bien faites pour le contenu des lunch box, prenant en compte la dimension équilibre alimentaire, et la dimension anti-gaspillage.

Au début, j’ai eu du mal, avec l’impression de ne pas varier assez. Et puis, nous avons vite pris nos habitudes, avec, selon l’inspiration du moment : sandwich ou salade composée et fruit (pour le lunch), et puis muffin, part de gâteau, crêpe parfois, galette de maïs, noix, fruits, yaourt, compote, crudités, etc … (pour le snack). Le problème des salades composées, c’est qu’il ne faut pas oublier ses couverts ! C’est arrivé une fois à Sarah, avec une salade de riz, et … elle a suivi les conseils de sa copine indienne, qui lui a montré comment manger proprement avec les doigts !

Les enfants n’ont pas le droit d’échanger de la nourriture, ni de gouter chez le voisin. Ca me parait bien dommage, parce que, en sortie scolaire, j’ai vu certains camarades de classe qui avaient des trucs genre « gros raviolis chinois », bien appétissant ! Certains enfants ont toujours, tous les jours, la même chose, ce qui étonne beaucoup Sarah. C’est vrai que nous avons l’habitude de varier les menus, c’est très Français, finalement. Mais aussi, certains enfants n’ont vraiment pas grand chose dans leurs boites : est-ce une habitude alimentaire culturellement différente, de ne presque pas manger dans la journée ? ou est-ce que des familles sont en difficulté au point de ne rien avoir à mettre dans la lunch box de leur enfant qu’une carotte et une banane ? Je ne sais pas …

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Petit abécédaire de l’école en Australie

Il s’agit bien évidemment de notre expérience personnelle, c’est à dire à partir de deux écoles : Clayton North Primary, et South Oakleigh College. Donc bien loin de moi l’idée de généraliser ! Et au quotidien, je ne suis qu’à l’école primaire, dont j’ai un assez bon aperçu, alors que j’entends parler du lycée uniquement à travers le ressenti de Claire et Simon.

Clayton North Primary School – l’école du quartier

A comme Assembly

On va garder le mot anglais, puisque ça n’existe vraiment pas du tout en France … Ca fait partie des choses où le décalage est tellement grand que c’est difficile à raconter … Mais c’est très important, on fait ça toutes les semaines !

Imaginez des élèves de 6ème, qui ne seraient pas des « petits 6ème » perdus dans leur collège, mais des « grands 6ème » dans leur école primaire, en situation de responsabilité … Imaginez une grande salle rectangulaire (taille gymnase) avec de la moquette par terre et une grande estrade sur un des petits côtés, avec deux claviers, une batterie et une sono qui va bien, sans oublier l’écran pour projeter les paroles ou des vidéos … Chaque classe arrive et rentre l’une après l’autre, bien en ligne derrière sa maitresse (on ne se déplace pas en rangs deux par deux, mais en ligne), et en silence, et s’assoit par terre, toujours en ligne, face à l’estrade, les petits devant, les grands derrière. Sauf quelques élèves de « 6ème », qui vont assurer le déroulement de la séance. Ils sont assis sur des chaises près de l’estrade … La directrice et son adjoint sont là aussi. Les parents qui le souhaitent ont quelques rangs de chaises à leur disposition au fond de la salle (nous sommes entre 10 ou 30 parents selon les jours). Les élèves de « 6ème » se lèvent, à tour de rôle, et viennent parler dans les micros, clairement, distinctement, pour annoncer ce qui se passe et animer (au sens « animateur ») la séance, très bien rôdée …

Ils commencent par demander le silence, en levant un bras, tout simplement, et petit à petit, chacun, enfant ou adulte se tait et lève un bras, jusqu’au silence complet. Rapide, efficace. Puis un petit discours standardisé pour souhaiter la bienvenue à chacun (élèves, enseignants, parents), et on est invités à se lever pour chanter l’hymne national ; les élèves qui savent jouer de la musique sont sur l’estrade et accompagnent, sous la direction du prof de musique. Dès la troisième semaine, Sarah le connaissait par coeur à la clarinette, et moyennant un peu d’adaptation pour s’accorder avec les autres instruments, elle a donc rejoint l’orchestre de l’école.

Lors de la première Assembly, il y a eu un petit discours étonnant dans la bouche d’un enfant de « 6ème », presque décalé, disant à quel point « on est heureux d’être de retour à l’école, d’être ensemble, et on souhaite à chacun une belle année scolaire, un bon temps d’apprentissage, et on va vivre une année formidable si chacun y met du sien ». Donner du sens à ce qu’on fait, et se placer dans une dimension collective, ce sont des choses qui me tiennent à coeur. Et je pense que beaucoup d’enfants de France auraient besoin de retrouver ce sens fondamental de l’école !

Lors des Assembly suivantes, ce temps sert à montrer une « performance », quelque chose qu’une des classes ou un des élèves a particulièrement bien réussi : ça peut être l’élève de l’école qui a été sélectionné pour les compétitions de natation qui vient parler de ses entrainements, ou la vidéo réalisée pendant le cours de musique d’une des classes, ou une chanson sur un thème particulier, etc … Il y a toujours quelque chose à partager, soit de l’école, soit de l’extérieur.

Pendant l’Assembly, chaque semaine, il y a aussi … une remise de prix !!! A chaque fois, ça ressemble à « le prix de … est décerné à … parce qu’il/elle a fait ci ou ça, a montré du courage / de l’amitié / de la persévérance / de l’honnêteté, etc …  » Avec un « best student of the week », une série de « learner of the week » (un par classe, à mon avis), un « best music », un « best sport », et « best art ». Et à chaque fois, l’élève appelé se lève et monte sur l’estrade chercher son petit papier, et serrer la main de la directrice, sous les applaudissements de l’assemblée … Et qu’est-ce qu’on est fier de rapporter son diplôme à la maison !!
Les remises de prix sont quelque chose de tellement dépassé et décrié en France, que la première fois, je n’en suis pas revenue !… Mais ici, ça ne fait pas du tout vieillot, ni élitiste, ça fait sérieux, chacun est concentré et attentif, applaudit de bon coeur, et félicite le copain quand il vient se rasseoir … C’est … touchant, fort, presque beau ! Et tellement encourageant pour les enfants !

Ensuite vient le moment d’annoncer le classement des « maisons », en fonction des points gagnés dans la semaine … (voir « M comme Maisons »), c’est la partie plus ludique, où les enfants font des roulements de tambour avec les pieds, et crient à tue-tête, toujours de manière contrôlée, capables de s’arrêter dès que l’animateur lève le bras. J’aime bien, ce sentiment d’appartenance à une « maison » (ou un groupe quelconque), associé au fait que nos actes ont des conséquences à l’échelle d’un groupe, et pas seulement au niveau individuel (on peut faire gagner ou perdre des points à sa maison). Et ça n’a rien à voir avec l’effet d’une « punition collective » parfois appliquée en France …

Ensuite, vient le temps des annonces : concernant la vie de l’école, la prochaine fête qui s’organise, le voyage scolaire de telle classe, la vente des oeufs des poules, le désherbage du potager, le démarrage du club de danse, la prochaine compétition de sport, un rappel du règlement sur la propreté de la cour, etc … Il y a toujours quelque chose à dire. Le plus souvent, les annonces sont faites par un des grands élèves; parfois, par un des professeurs spécialisés (musique ou sport); jamais par les maitresses. J’ai entendu une fois la directrice, le jour de la rentrée, et … comme c’est la seule qui a parlé hors micro, je n’ai rien compris !

Et enfin, la séance est levée; les élèves repartent, toujours classe par classe, en ligne, et dans le calme. Sauf les plus grands qui restent pour remettre la salle en état, empiler les chaises, etc… C’est remarquablement bien rôdé ! J’aime bien, ces Assembly !

l’hymne national à la clarinette …

B pour Bénévole

Il y a une vraie place pour les bénévoles, dans l’école primaire !

Il y a entre autres Barbara, une bibliothécaire qui vient de prendre sa retraite, et qui vient à l’école, plusieurs matinées par semaine, pour « aider les enfants à aimer les livres et la lecture ». Ca peut prendre différentes formes : elle lit des livres à la classe entière, ou prend un élève à part pour l’aider dans ses apprentissages de lecture, ou conseille les enseignants et leur apporte un échantillon de livres. Sarah a pu passer du temps avec Barbara, qui l’a beaucoup aidée au début, quand elle ne comprenait pas encore très bien l’anglais et était très handicapée pour la lecture !

Il y a aussi les parents bricoleurs, qui viennent un soir par semaine tenir un stand de réparation (et prêt/échange) de vélos, où chaque enfant peut apporter son vélo, se faire aider, apprendre à s’en occuper. Et aussi donner un vélo trop petit et en emprunter/acheter un d’occasion.

Il y a aussi les parents qui se font « recruter » pour leurs compétences, comme Jérôme, dans l’autre famille d’expatriés, qui est prof de maths en France. Du coup, la directrice du lycée l’a sollicité pour venir deux jours par semaine aider certaines classes ou certains élèves.

En tant que parent, pour avoir le droit de venir à l’école, ou d’accompagner une sortie scolaire, c’est tout un protocole ! Il faut fournir un document administratif officiel, ce qui nécessite quelques aller-retour entre sites internets gouvernementaux et bureau de poste. Ca m’a pris une journée entière avant d’obtenir le papier, et 10 jours après, je recevais une jolie carte officielle par la poste.

Moyennant quoi, je reste à l’école 3 matinées par semaine, pour aider Sarah, soit dans les séances de lecture, tant qu’elle n’était pas autonome avec la lecture en anglais, soit pour lui traduire les explications de la maitresse, en particulier pour les cours de « rédaction »…

C comme Circulation

La circulation routière aux abords de l’école, ça aussi, c’est particulier !

L’école primaire est encadrée par des grands carrefours de grandes routes (des « road », avec 4 à 6 files de voitures dans chaque sens)… Donc on ne traverse pas n’importe comment ! Il y a bien sûr des feux tricolores et des signalisations piétons. Mais aux heures de début et de fin de journée scolaire, il y a, en plus, des personnes qui font la circulation, équipés de leur grand gilet jaune, d’un chapeau contre le soleil, d’un parapluie parfois, d’un panneau stop et d’un sifflet…

Comme en France, me direz-vous ? Oui et non … Les australiens sont beaucoup plus disciplinés que les Français. Hors de question de s’arrêter en vrac dans la rue, ou sur le trottoir, il y a des parkings prévus pour, et les gens les respectent. Comme quoi, c’est possible, de faire quelques pas pour accompagner son enfant, sans bloquer le reste de la circulation.

Mais pour la traversée des passages piétons, c’est folklorique ! Pendant que le feu des voitures est vert, tous les gens qui veulent traverser s’entassent sur le trottoir. Hors de question aussi de traverser à un autre moment que celui strictement autorisé ! Et au moment où le feu piéton devient vert, il faut encore attendre le coup de sifflet de l’agent de circulation. Et là, tout le monde s’élance, enfants en uniforme, parents, grand-parents, poussettes, vélos, tout le monde se dépêche, ça court, ça trottine, etc …, en groupe compact, pour essayer de traverser en une seule fois ! Parce que la route est tellement large que, si on ne court pas, on se retrouve bloqué sur la zone herbeuse du milieu de la route, à attendre le feu suivant pour pouvoir traverser la deuxième moitié de la route. Avec Sarah, ça nous amuse tous les matins, d’être au milieu de ce groupe invraisemblable qui traverse au pas de course, et malgré tout, de manière relativement organisée !

E comme EAL – English as an Additionnal Language

D’abord, j’aime beaucoup ce sigle : ça dit d’emblée qu’on ne juge pas la langue maternelle de l’autre, et qu’on ne considère pas non plus qu’une langue puisse être « étrangère », celle de « l’étranger ». Une langue « étrangère », a de grandes chances d’être a priori moins bien parlée, moins bien maitrisée, et donc de mettre en difficulté « l’étranger » qui ne la parle pas correctement mais qui voudrait s’intégrer … Et qui pourrait choisir, comme l’ont fait des générations d’immigrés en France, de renoncer à leur langue maternelle, pour que, justement, la langue du pays d’adoption puisse être parlée au mieux. Là, non, pas du tout. On garde sa langue d’origine, et on en ajoute une autre. En se rappelant, au passage, que dans beaucoup de pays du monde, chacun parle de toute façon plusieurs langues.

Dans nos deux écoles, il y a une prise en compte des enfants « EAL ». L’école primaire a vraiment une dimension internationale et multi culturelle : dans la classe de Sarah, seuls 2 sur les 20 enfants sont nés en Australie ! Tous les autres sont arrivés plus ou moins récemment, venant d’Inde, Chine, Liban, Soudan, etc… Donc les enfants ne maitrisant pas l’anglais à la rentrée ont été évalués, par une des maitresses qui n’a pas de classe attribuée, et regroupés, par petits groupes de 8 enfants du même niveau. Parmi ces enfants, il y a ceux pour qui l’anglais est une « langue étrangère », bien sûr, mais aussi ceux qui ont des difficultés d’apprentissages en lecture et écriture. Et trois fois par semaine, pendant une heure, sur le temps scolaire, les enfants vont en classe d’EAL. Quelle chance ! Et Sarah ramène à la maison des devoirs de lecture d’EAL, avec trois petits livres à lire, si possible avec un adulte.

Au lycée, c’est Simon qui a eu le choix entre deux niveaux d’Anglais : « littérature » et « EAL ». Il a préféré choisir « EAL ». Et ils travaillent tout le semestre sur le thème « identity and belonging » … quel bon sujet de réflexion, pour des enfants qui arrivent d’un autre pays ! Qu’est ce qui fait notre identité ? Une langue, une culture, un passeport ? Et quels sont les signes d’appartenance à une culture, à un pays ?…

F comme Financement

Mais comment sont donc financées ces écoles, qui paraissent tellement plus « à l’aise » que nos écoles françaises ? Nous nous sommes très vite posé la question. Je n’ai pas toutes les réponses, mais en voici quelques éléments…

Ce sont des écoles publiques, avec un budget versé par l’état, en fonction du nombre d’enfants, et en fonction du « niveau socio-économique » des familles. Le critère retenu pour juger du « niveau socio-économique » est le niveau d’étude des parents. C’est à dire que l’état donne d’autant plus d’argent que les familles ont un faible niveau d’éducation. Dans l’absolu, ça me parait un bon critère, assez juste : si les parents ont un bon niveau d’éducation, ils sont bien placés pour aider leurs enfants à comprendre, à apprendre, à se cultiver, à s’ouvrir au monde. Mais pour notre école primaire, c’est en réalité un handicap, m’a expliqué une maman : l’école est dans le quartier de l’université, donc une grosse partie des familles sont des étudiants, qui viennent ici faire un master ou une thèse, avec des revenus très modestes, ne correspondant pas (ou pas encore) à leur niveau d’études.

Et ça pose donc problème à certaines familles, qui n’ont pas le budget pour payer les frais d’inscription ou l’uniforme … Car l’école n’est pas gratuite ! La somme que nous avons payée en début d’année nous semble très modérée : l’équivalent d’une semaine de courses au supermarché, donc bien moins cher qu’une école privée en France. Mais c’est trop cher pour certaines familles … Quelles sont les conséquences concrètes ? Et bien, par exemple, les cahiers sont distribués aux enfants quand les familles ont payé les frais d’inscription. A la fin du premier trimestre, dans la classe de Sarah, il y avait au moins une enfant qui écrivait toujours sur des feuilles volantes, n’ayant pas le « droit » d’avoir des cahiers, puisque ses parents n’avaient pas payé… Je trouve ça tellement injuste, ça donne envie d’inventer des solidarités !!

Un autre financement possible pour les écoles, ce sont les subventions, publiques et privées… Les écoles font des demandes, en lien avec tel ou tel projet concret, et les subventions sont acceptées ou non. Dans notre école, il y a un projet « sunsmart » pour lequel les subventions ont permis de financer l’installation de grandes bâches anti-soleil dans les cours de récréation, qui sont donc ombragées !

un grand bac à sable bien à l’ombre !

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ANZAC Day

Le 25 avril, en Australie (et aussi en Nouvelle Zélande) est un jour férié ! Cette année, ça tombait un samedi, alors on ne s’en est pas trop rendu compte.

D’habitude, à l’école, pour ANZAC day, il y a une cérémonie, qui n’a pas pu avoir lieu cette année, pour cause de confinement. Mais dans le cours en vidéo de jeudi matin, la maitresse de Sarah en a parlé, et a présenté un joli powerpoint, pour expliquer aux enfants (et aux parents) ce que c’est que ce jour-là.

Voilà ce que Sarah vous en dit :

« C’est un jour important, parce que c’est le jour où une grande bataille a commencé, et elle a duré 8 mois. C’était pendant la première guerre mondiale, la bataille de Gallipoli. Des soldats Australiens, Néozélandais, mais aussi Français, Anglais et Indiens  sont arrivés en Turquie pour se battre contre les Turcs qui étaient alliés aux Allemands. Beaucoup de gens sont morts. Et depuis, le 25 avril est un jour férié en Australie et en Nouvelle-Zélande, parce que on doit penser aux soldats qui se sont battus, se souvenir de ceux qui sont morts, et les remercier. Le romarin et les « poppies » (coquelicots) sont des plantes qui poussent là-bas, et on les utilise pour se souvenir. Les gens déposent des coquelicots devant chez eux, ou les accrochent sur les vêtements, pour montrer leur respect pour les soldats qui sont morts à la guerre. La phrase importante, c’est « lest we forget ! », ça veut dire « n’oublions pas ! ». Et ANZAC, siginifie Australia New Zealand Army Corps. »

Les cérémonies du souvenir ont habituellement lieu à l’aube, en mémoire du moment où les soldats ont débarqué à Gallipoli. Les cérémonies étant annulées cette année à cause de l’interdiction de rassemblements, nous étions invités à sortir devant notre porte à 6h du matin … Je dois avouer que nous dormions profondément à cette heure-ci.

Des « poppies » tricotés autour d’un arbre

Parmi les activités classiques pour enfants pour ce jour-là, on peut cuisiner des « Anzac biscuits » et bricoler des « Anzac lanterns ». Les ANZAC biscuits sont un souvenir des biscuits de soldats, qui étaient très durs pour pouvoir se conserver longtemps dans toutes les conditions. Mais ceux d’aujourd’hui sont croustillants et délicieux, aux flocons d’avoine et parfumés à la noix de coco ! Alors, on s’est régalés pour le goûter !  Yummy !

Les Anzac Biscuits de Sarah !
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Faire ses courses !

De jour en jour, ou plutôt de semaine en semaine, puisque c’est notre rythme de courses, les aménagements au supermarché augmentent. Je suis assez admirative de toutes ces capacités d’adaptation mises en œuvre au fur et à mesure, autour de ce nouvel objectif : la « safety », la sécurité sanitaire. Pouvoir faire ses courses sans risquer d’être contaminé par un virus, il y a encore quelques semaines, ça ne traversait l’esprit de personne, mais maintenant tout le monde ne pense qu’à ça ! Admirative et perplexe, car on a parfois l’impression d’être non seulement dans un nouveau pays, mais carrément sur une nouvelle planète, où le leitmotiv du quotidien est devenu « éviter la contamination »…

Aujourd’hui, dans notre supermarché habituel, à côté de la porte d’entrée, il y a des distributeurs de lingettes à l’extérieur et un grand  distributeur de gel hydroalcoolique à l’intérieur. Les vigiles à l’entrée ont été doublés, et forment maintenant un binôme du genre « vigile musclé – caissière souriante », complémentaire, efficace et sympathique.

Un circuit de circulation est instauré, pour que les gens n’aient pas à se croiser, ce qui ne peut pas se faire dans le respect des règles de distance. Il y a donc une porte pour entrer et une pour sortir. Les chariots et paniers aussi sont organisés en deux tas : un tas « propre » et un tas « utilisé ». Quand on a fini ses courses, on ne remet pas son chariot ou son panier n’importe où. Et un employé du magasin désinfecte chariots et paniers avant de les remettre dans le tas de « propre ».

La liste des produits limités s’allonge : elle fait maintenant une pleine page A4. Pour tous ces produits, on ne peut en acheter que un ou deux. Et la limite se fait de toute façon au niveau de l’ordinateur des caisses : si on prend trois unités d’un produit limité à deux, ça se bloque au troisième, ça ne passe pas, tout simplement.

Les rayons sont bien garnis, maintenant, même si ça n’a pas encore tout à fait l’air « normal ». Il y a même trois sortes de pâtes et trois sortes de riz. Par contre, au rayon farine, celle disponible aujourd’hui, c’est « self-raising blanche » … et bien, cette semaine, on va cuisiner avec ça ! A part les scones, je ne sais pas trop quoi cuisiner avec cette farine-là … mais je suis sure qu’on va trouver !  

L’ouverture des caisses est très souple : un des employés surveille, et, dès qu’il y a plus de deux personnes qui font la queue (bien sûr, chacun bien placé sur sa pastille au sol, à la bonne distance du voisin), il ouvre une caisse supplémentaire. Les caissier(e)s s’interrompent régulièrement, pour nettoyer et désinfecter le tapis.

Les caissières ne mettent plus les produits dans les sacs, mais les clients doivent le faire eux-mêmes. C’est totalement nouveau dans ce pays ! Et ça a donné lieu ce matin à un échange très sympa avec la caissière, qui me regardait remplir mes sacs, et qui me dit « oh, vous êtes vraiment efficace et rapide, pour remplir les sacs ; d’habitude, les clients ne sont pas si rapides ! ». Et moi, je lui dis tout naturellement que c’est comme ça qu’on fait dans « mon pays », et que en fait, je n’ai pas l’habitude que quelqu’un le fasse pour moi, comme c’est le cas en Australie … Et elle, tout étonnée qu’il y ait des pays où ça se passe autrement que chez elle, me demande « ah bon ? Mais vous venez de quel pays ? » … et elle est restée très surprise de ma réponse !! Pour elle, c’est tellement un service appréciable, d’emballer les courses de quelqu’un, qu’elle n’imagine pas que dans un pays civilisé comme la France, on puisse vivre sans ce « service », cette « valeur ajoutée » …

La plupart des gens ont des masques ; c’est bien, c’est rassurant quant à la prise de conscience et le risque de transmission. Mais aussi, la plupart des gens ne regardent même plus les autres en les croisant … Petit à petit, il y a une distance qui s’installe entre les personnes, et pas seulement une distance physique, mais une distance « humaine », en quelque sorte. Le petit geste de tête, le sourire, le salut, la petite phrase échangée, tout cela a disparu … Je m’interroge et je m’inquiète : que vont devenir les rapports humains ?… Et je veux rester résolument optimiste : quand tout ça sera terminé, les gens seront tellement contents, qu’ils se salueront et se parleront encore plus qu’avant !!

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Mode d’emploi du restaurant !

Pour finir cette belle journée, nous décidons de profiter d’un repas de « fish and chips », qui fait le bonheur de tout le monde. Et puis, pour l’instant, les restaurants sont encore ouverts, à condition de fonctionner uniquement en « take away », alors profitons-en !

Nous nous sommes régalés, en goûtant des poissons dont on ne connait pas les noms en Français : barramundi et blue grenadier, et bien sûr notre habituelle noix de St Jacques, fort appréciée de Sarah et moi !

Mais c’est toute une aventure de commander ce poisson en tenant compte des règles de « social distancing » ! A la porte du magasin, il y a un monsieur, d’un format tout à fait dissuasif, qui organise les choses, très simplement et très gentiment. En commençant par expliquer qu’on ne peut rentrer qu’une personne à la fois dans le restaurant. Les habitués (ou les gens plus organisés que nous) ont commandé par téléphone et ont juste besoin d’attendre leur commande. Mais nous, nous passons une bonne dizaine de minutes devant la carte, affichée à l’extérieur du restaurant, à réfléchir avant de nous décider. Puis Jeff et les enfants s’éloignent pour attendre quelques pas plus loin, et moi j’attends près de l’entrée, à 1m50 de la personne devant moi. Le monsieur nous fait rentrer un par un, au fur et à mesure. Les gens sont calmes, souriants, respectueux des consignes. Il n’y a pas un mot plus haut que l’autre, pas d’énervement. Chacun « joue le jeu », et attend, à distance les uns des autres. Mais on sait bien que ce n’est pas un jeu …

Le videur (de dos) et les clients…

Dans le restaurant, il y a des bandes collées au sol, pour marquer la bonne distance par rapport à la caissière qui prend les commandes, du gel pour se laver les mains, et des petits mots partout pour s’excuser du fonctionnement particulier.

Nous profitons du temps d’attente pour aller marcher sur le port, repérer les tables de pique nique, contempler les panneaux « plage fermée », et quand même un petit bout de plage derrière les panneaux… Il y a peu de gens, tout le monde est discret et flâne, ça sent les vacances, la douceur d’un soir de fin d’été, dans le doux bruit des vagues…

Le poisson était délicieux ! On s’est régalé !

Et le plus beau restait à venir : avant de reprendre la voiture, nous décidons de marcher jusqu’au bout de la jetée. Là, il y a un peu plus de monde, des gens de tous âges, seuls ou à deux, qui viennent pour pêcher à la tombée de la nuit. Chacun respectant toujours les distances les uns par rapport aux autres, bien sûr. Et là, au bout de la jetée, au fond de l’eau transparente mais sombre dans la nuit, nous voyons une masse grise plus sombre, en forme de losange, qui se déplace … C’est une raie (« sting ray »), qui fait bien 60 cm de diamètre ! Nous restons un bon moment à regarder ce « ballet » de raies géantes, car il y en a plusieurs, qui nagent, qui flottent juste au-dessus du sable, des deux côtés de la jetée… Sarah est émerveillée ! Claire et Simon, qui les ont tant admirées dans l’aquarium de Cape Town quand ils étaient petits, n’en reviennent pas d’en voir en liberté ! Mais pour les photos, une forme sombre sur un fond sombre et dans la nuit … c’est raté, on ne peut pas vous en faire profiter !!

Post-scriptum (Lundi)

En bonus, quelques notices vues sur des magasins ici et là…

Chez le kiné…
Le restaurant Chinois du coin
Le coiffeur
Le fleuriste
Le resto indien

NB. Dimanche soir (le lendemain), le gouvernement a interdit les groupes de plus de deux personnes en extérieur, déclaré la fermeture des parcs et terrains de jeu, et demandé aux gens de rester chez eux sauf pour les besoins urgents (courses, médecin…). Pas de contrôles de police ou d’amende, mais confinement quand même…