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Petit abécédaire de l’école en Australie (tome 2)

H comme Horaires

Ils nous plaisent bien, les horaires Australiens, bien plus que les horaires Français ! On va à l’école 5 jours par semaine, avec chaque jour 5-6 heures de classe + 1h de pause repas. C’est régulier, ça permet de commencer pas trop tôt (8h30-9h), de finir pas trop tard (15h-15h30), d’avoir le temps de faire autre chose après, quel bonheur au quotidien ! La question de travailler le mercredi n’a jamais posé de problème à Sarah, qui s’est parfaitement adaptée, et n’est pas plus fatiguée le vendredi pour autant.

Il y a des solutions de garde le matin et l’après midi pour les familles où personne ne peut récupérer les enfants d’âge primaire. Et au lycée, il y a un nombre incroyable de « clubs » après les cours, d’activités diverses. Simon n’était pas très motivé (et le club jeux et stratégie tombait le jour où il a un cours jusqu’à 16h30, pas de chance). Mais Claire s’est inscrite à la chorale, ainsi qu’à la préparation du grand spectacle d’école (comédie musicale « Mary Poppins », avec livret officiel, auditions, et tout, et tout !).

H comme Homework (devoirs à la maison)

Alors là, il y a vraiment une grosse différence entre le primaire et le secondaire : en primaire, pas de devoirs, seulement de la lecture (« ce que vous voulez, au moins 20 minutes tous les jours », dit la maitresse), mais au secondaire, il y en a beaucoup, globalement plus qu’en France.

Sarah a eu quelques fois des choses à faire par écrit quand même, quand elle n’avait pas compris ou pas bien fait à l’école, et que la maitresse lui demandait de refaire à la maison (avec les explications des parents, ou un peu plus de soin !).

Mais les grands ont vraiment passé du temps à travailler à la maison. Avec des « gros » devoirs, cours vidéo à regarder, recherches, rédactions, etc … Claire aime bien rester au « homework club », après les cours, deux jours par semaine, où les professeurs sont à la disposition des élèves qui le souhaitent, pour aider, expliquer.

Et alors, les devoirs de vacances, c’est du jamais vu pour nous ! Claire y a passé au moins 4h par jour, tous les jours, les deux semaines de vacances ! Avec un planning de travail donné par les profs, avec des dossiers et des « devoirs-maison » à rendre, à la fin de chaque semaine. Avec aussi des professeurs qui envoient des mails pendant les vacances, qui corrigent les devoirs à la maison, et qui répondent aux mails des élèves (y compris le samedi de Pâques, d’ailleurs !)

L comme Lecture

C’est très curieux, pour nous, l’apprentissage de la lecture en Anglais ! C’est un apprentissage progressif, avec des mots de plus en plus longs. Ca parait très adapté à la langue anglaise, qui permet d’écrire des histoires entières (pas très palpitantes, je vous l’accorde) avec des mots de 3 ou 4 ou 5 lettres … Il y a donc une trentaine de niveaux de lecture, avec des livres d’apprentissage de lecture, correspondant à chaque niveau, clairement identifiés ! Les enfants ne sont pas obligés de les suivre tous, mais il faut respecter la progression.

Je vous promets, c’est une vraie histoire. Tout en mots de 3 lettres. Et en vers, s’il vous plaît.

Sarah a commencé au niveau 4 ou 5, elle est maintenant au niveau 12 ou 13 ! Ce qui ne l’empêche pas de lire d’autres petits livres à côté, empruntés à la bibliothèque municipale, ou à celle de l’école. Les autres enfants de son groupe d’EAL se répartissent du niveau 7 au niveau 20.

M comme Matières

A l’école primaire, il y a des matières qui sont les mêmes qu’en France, bien sûr : lecture, maths, orthographe, etc… Mais il y a aussi des différences. Certaines matières se font avec des professeurs spécifiques : l’Art, la Musique, le Sport. Et la langue étrangère choisie ici est le Japonais, avec un professeur spécifique aussi, bien sûr !

Et certaines matières sont enseignées de manière très différente. Il y a « inquiry » (qu’on pourrait traduire par « découverte du monde », englobant sciences, histoire, géographie). Il me semble que c’est une matière présentée de manière beaucoup plus concrète qu’en France, avec des réalisations pratiques individuelles et par petits groupes. Sarah a réalisé une « timeline », racontant une chose importante de chaque année de sa vie. Et aussi un « diorama », présentant les modes de vie de la culture aborigène et de celle de « maintenant ».

Il y a aussi le « writing » (rédaction) qui est enseigné de manière formelle. J’ai ainsi eu la chance d’assister (pour essayer de traduire pour Sarah, qui, sinon, aurait été bien perdue) à des leçons expliquant entre autres que dans une introduction, il faut présenter la réponse aux « 5 W et 1 H » (who, where, when, what, why et how). Claire et Simon pensent qu’ils n’ont jamais abordé ça avant le collège !

Et au lycée, à partir de Year 10 (équivalent de la 2de en France), les matières sont au choix. Un peu comme ce que la Réforme du lycée essaie de mettre en place en France, mais … avec déjà 15 ans d’expérience derrière eux ! Donc rassurez-vous, c’est faisable, et … c’est plutôt chouette ! Ca recoupe un point de pédagogie, exprimé par le directeur du lycée, que je trouve intéressant : « l’important, c’est que l’enfant soit motivé pour se lever et venir à l’école, pour y faire quelque chose qu’il aime ». En partant du principe que si on aime une matière, on la travaille plus volontiers, donc on réussit mieux ! Et toutes les « matières » semblent sur le même plan, de la programmation à la cuisine, en passant par le dessin ou les maths, sans les distinctions Françaises entre enseignement général, technologique ou professionnel.

En Year 10, il y a donc 3 matières imposées (Maths, Sciences et Histoire-géo-éducation civique, + Sport) et 3 matières au choix. Ensuite, il n’y a plus que des matières au choix : 6 en Year 11, et 5 en Year 12, l’année finale, très remplie avec préparation pour les examens finaux et les dossiers pour le Supérieur. Quand on leur a dit que pour le bac en France, Claire aurait dû avoir 9 épreuves, ils n’en sont pas revenus !

La variété des matières proposées au lycée nous a étonnés aussi : Claire a choisi Psychologie et Droit (« legal studies »), qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de découvrir sans notre séjour australien ! Quelle chance !

M comme « Maisons » (« house »)

En France, on a entendu parler des « maisons » d’école en lisant Harry Potter, mais figurez-vous que, effectivement, chaque élève appartient à une « maison », qu’il y en a en général 4 par école (sauf dans les écoles avec un très grand nombre d’élèves), et qu’il y a des « points » attribués, en fonction d’un certain nombre de critères.

Le badge de Dunlop, avec son emblème : la « blue wren », qu’on trouve partout dans la campagne

Les « maisons » de l’école primaire sont des personnalités australiennes connues (mais pas de moi il y a trois mois) : Dunlop (médecin pendant la seconde guerre mondiale), Namatjira (artiste peintre aborigène), Freeman (athlète championne olympique), et Wood (chirurgienne pédiatrique). Sarah est « Dunlop », et a beaucoup d’admiration pour son « house captain », qui est à ses yeux « le grand gentil qui sait tout » du haut de ses 12 ans. Et elle a un badge de sa maison, qu’il a fallu coudre sur le T-shirt d’uniforme : très important ! Et l’idée de faire gagner des points à sa « maison » est une vraie motivation au quotidien !

Les « maisons » du lycée sont des noms d’arbres australiens : Banksia (celle de Claire et Simon), Acacia, Warrata, et Grevillea. Chaque « maison » a son « chant », que les jeunes s’entrainent à répéter, à crier en fait (un peu comme des « cris de sizaines » dans les milieux scouts; on a d’ailleurs parfois l’impression que certains éléments de pédagogie sont empruntés au scoutisme !). La compétition amicale entre les maisons est favorisée, notamment dans des évènements festifs comme le « swimming carnival » (voir l’article de Claire). Et ces grands ados se prêtent volontiers au jeu !

En-dehors des événements festifs, les « house » au lycée servent de point de repère; comme les élèves ont tous des matières différentes, il n’y a pas de « groupe-classe », mais il y a des « mentor groups », de 25 élèves, au sein des « house », qui constituent l’unité de vie, le point de repère, le petit groupe d’appartenance, de chacun. Ces « mentor groups » sont constitués d’élèves de tous les âges, et se retrouvent tous les jours, avec un « mentor teacher », pour des activités variées, certaines relevant de ce qu’on appelle « vie de classe » en France, mais aussi des activités plus orientées sur la connaissance de soi et la vie en collectivité.

N comme Nourriture

A l’école ici, il n’y a pas de « cantine » ! L’idée même d’une cantine, avec l’organisation que ça représente de faire la cuisine, servir, etc … , avec des adultes qui ne feraient que ça, chaque jour, leur semble presque incongrue ! Et aussi le fait que les enfants mangent tous la même chose leur semble étrange. Chaque enfant vient à l’école avec sa « lunch box » dans laquelle on met de quoi faire un « snack » (à 11h) et un « lunch » (à 13h-13h30). Pour l’école primaire, on a reçu des consignes très bien faites pour le contenu des lunch box, prenant en compte la dimension équilibre alimentaire, et la dimension anti-gaspillage.

Au début, j’ai eu du mal, avec l’impression de ne pas varier assez. Et puis, nous avons vite pris nos habitudes, avec, selon l’inspiration du moment : sandwich ou salade composée et fruit (pour le lunch), et puis muffin, part de gâteau, crêpe parfois, galette de maïs, noix, fruits, yaourt, compote, crudités, etc … (pour le snack). Le problème des salades composées, c’est qu’il ne faut pas oublier ses couverts ! C’est arrivé une fois à Sarah, avec une salade de riz, et … elle a suivi les conseils de sa copine indienne, qui lui a montré comment manger proprement avec les doigts !

Les enfants n’ont pas le droit d’échanger de la nourriture, ni de gouter chez le voisin. Ca me parait bien dommage, parce que, en sortie scolaire, j’ai vu certains camarades de classe qui avaient des trucs genre « gros raviolis chinois », bien appétissant ! Certains enfants ont toujours, tous les jours, la même chose, ce qui étonne beaucoup Sarah. C’est vrai que nous avons l’habitude de varier les menus, c’est très Français, finalement. Mais aussi, certains enfants n’ont vraiment pas grand chose dans leurs boites : est-ce une habitude alimentaire culturellement différente, de ne presque pas manger dans la journée ? ou est-ce que des familles sont en difficulté au point de ne rien avoir à mettre dans la lunch box de leur enfant qu’une carotte et une banane ? Je ne sais pas …

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