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Petit abécédaire de l’école en Australie

Il s’agit bien évidemment de notre expérience personnelle, c’est à dire à partir de deux écoles : Clayton North Primary, et South Oakleigh College. Donc bien loin de moi l’idée de généraliser ! Et au quotidien, je ne suis qu’à l’école primaire, dont j’ai un assez bon aperçu, alors que j’entends parler du lycée uniquement à travers le ressenti de Claire et Simon.

Clayton North Primary School – l’école du quartier

A comme Assembly

On va garder le mot anglais, puisque ça n’existe vraiment pas du tout en France … Ca fait partie des choses où le décalage est tellement grand que c’est difficile à raconter … Mais c’est très important, on fait ça toutes les semaines !

Imaginez des élèves de 6ème, qui ne seraient pas des « petits 6ème » perdus dans leur collège, mais des « grands 6ème » dans leur école primaire, en situation de responsabilité … Imaginez une grande salle rectangulaire (taille gymnase) avec de la moquette par terre et une grande estrade sur un des petits côtés, avec deux claviers, une batterie et une sono qui va bien, sans oublier l’écran pour projeter les paroles ou des vidéos … Chaque classe arrive et rentre l’une après l’autre, bien en ligne derrière sa maitresse (on ne se déplace pas en rangs deux par deux, mais en ligne), et en silence, et s’assoit par terre, toujours en ligne, face à l’estrade, les petits devant, les grands derrière. Sauf quelques élèves de « 6ème », qui vont assurer le déroulement de la séance. Ils sont assis sur des chaises près de l’estrade … La directrice et son adjoint sont là aussi. Les parents qui le souhaitent ont quelques rangs de chaises à leur disposition au fond de la salle (nous sommes entre 10 ou 30 parents selon les jours). Les élèves de « 6ème » se lèvent, à tour de rôle, et viennent parler dans les micros, clairement, distinctement, pour annoncer ce qui se passe et animer (au sens « animateur ») la séance, très bien rôdée …

Ils commencent par demander le silence, en levant un bras, tout simplement, et petit à petit, chacun, enfant ou adulte se tait et lève un bras, jusqu’au silence complet. Rapide, efficace. Puis un petit discours standardisé pour souhaiter la bienvenue à chacun (élèves, enseignants, parents), et on est invités à se lever pour chanter l’hymne national ; les élèves qui savent jouer de la musique sont sur l’estrade et accompagnent, sous la direction du prof de musique. Dès la troisième semaine, Sarah le connaissait par coeur à la clarinette, et moyennant un peu d’adaptation pour s’accorder avec les autres instruments, elle a donc rejoint l’orchestre de l’école.

Lors de la première Assembly, il y a eu un petit discours étonnant dans la bouche d’un enfant de « 6ème », presque décalé, disant à quel point « on est heureux d’être de retour à l’école, d’être ensemble, et on souhaite à chacun une belle année scolaire, un bon temps d’apprentissage, et on va vivre une année formidable si chacun y met du sien ». Donner du sens à ce qu’on fait, et se placer dans une dimension collective, ce sont des choses qui me tiennent à coeur. Et je pense que beaucoup d’enfants de France auraient besoin de retrouver ce sens fondamental de l’école !

Lors des Assembly suivantes, ce temps sert à montrer une « performance », quelque chose qu’une des classes ou un des élèves a particulièrement bien réussi : ça peut être l’élève de l’école qui a été sélectionné pour les compétitions de natation qui vient parler de ses entrainements, ou la vidéo réalisée pendant le cours de musique d’une des classes, ou une chanson sur un thème particulier, etc … Il y a toujours quelque chose à partager, soit de l’école, soit de l’extérieur.

Pendant l’Assembly, chaque semaine, il y a aussi … une remise de prix !!! A chaque fois, ça ressemble à « le prix de … est décerné à … parce qu’il/elle a fait ci ou ça, a montré du courage / de l’amitié / de la persévérance / de l’honnêteté, etc …  » Avec un « best student of the week », une série de « learner of the week » (un par classe, à mon avis), un « best music », un « best sport », et « best art ». Et à chaque fois, l’élève appelé se lève et monte sur l’estrade chercher son petit papier, et serrer la main de la directrice, sous les applaudissements de l’assemblée … Et qu’est-ce qu’on est fier de rapporter son diplôme à la maison !!
Les remises de prix sont quelque chose de tellement dépassé et décrié en France, que la première fois, je n’en suis pas revenue !… Mais ici, ça ne fait pas du tout vieillot, ni élitiste, ça fait sérieux, chacun est concentré et attentif, applaudit de bon coeur, et félicite le copain quand il vient se rasseoir … C’est … touchant, fort, presque beau ! Et tellement encourageant pour les enfants !

Ensuite vient le moment d’annoncer le classement des « maisons », en fonction des points gagnés dans la semaine … (voir « M comme Maisons »), c’est la partie plus ludique, où les enfants font des roulements de tambour avec les pieds, et crient à tue-tête, toujours de manière contrôlée, capables de s’arrêter dès que l’animateur lève le bras. J’aime bien, ce sentiment d’appartenance à une « maison » (ou un groupe quelconque), associé au fait que nos actes ont des conséquences à l’échelle d’un groupe, et pas seulement au niveau individuel (on peut faire gagner ou perdre des points à sa maison). Et ça n’a rien à voir avec l’effet d’une « punition collective » parfois appliquée en France …

Ensuite, vient le temps des annonces : concernant la vie de l’école, la prochaine fête qui s’organise, le voyage scolaire de telle classe, la vente des oeufs des poules, le désherbage du potager, le démarrage du club de danse, la prochaine compétition de sport, un rappel du règlement sur la propreté de la cour, etc … Il y a toujours quelque chose à dire. Le plus souvent, les annonces sont faites par un des grands élèves; parfois, par un des professeurs spécialisés (musique ou sport); jamais par les maitresses. J’ai entendu une fois la directrice, le jour de la rentrée, et … comme c’est la seule qui a parlé hors micro, je n’ai rien compris !

Et enfin, la séance est levée; les élèves repartent, toujours classe par classe, en ligne, et dans le calme. Sauf les plus grands qui restent pour remettre la salle en état, empiler les chaises, etc… C’est remarquablement bien rôdé ! J’aime bien, ces Assembly !

l’hymne national à la clarinette …

B pour Bénévole

Il y a une vraie place pour les bénévoles, dans l’école primaire !

Il y a entre autres Barbara, une bibliothécaire qui vient de prendre sa retraite, et qui vient à l’école, plusieurs matinées par semaine, pour « aider les enfants à aimer les livres et la lecture ». Ca peut prendre différentes formes : elle lit des livres à la classe entière, ou prend un élève à part pour l’aider dans ses apprentissages de lecture, ou conseille les enseignants et leur apporte un échantillon de livres. Sarah a pu passer du temps avec Barbara, qui l’a beaucoup aidée au début, quand elle ne comprenait pas encore très bien l’anglais et était très handicapée pour la lecture !

Il y a aussi les parents bricoleurs, qui viennent un soir par semaine tenir un stand de réparation (et prêt/échange) de vélos, où chaque enfant peut apporter son vélo, se faire aider, apprendre à s’en occuper. Et aussi donner un vélo trop petit et en emprunter/acheter un d’occasion.

Il y a aussi les parents qui se font « recruter » pour leurs compétences, comme Jérôme, dans l’autre famille d’expatriés, qui est prof de maths en France. Du coup, la directrice du lycée l’a sollicité pour venir deux jours par semaine aider certaines classes ou certains élèves.

En tant que parent, pour avoir le droit de venir à l’école, ou d’accompagner une sortie scolaire, c’est tout un protocole ! Il faut fournir un document administratif officiel, ce qui nécessite quelques aller-retour entre sites internets gouvernementaux et bureau de poste. Ca m’a pris une journée entière avant d’obtenir le papier, et 10 jours après, je recevais une jolie carte officielle par la poste.

Moyennant quoi, je reste à l’école 3 matinées par semaine, pour aider Sarah, soit dans les séances de lecture, tant qu’elle n’était pas autonome avec la lecture en anglais, soit pour lui traduire les explications de la maitresse, en particulier pour les cours de « rédaction »…

C comme Circulation

La circulation routière aux abords de l’école, ça aussi, c’est particulier !

L’école primaire est encadrée par des grands carrefours de grandes routes (des « road », avec 4 à 6 files de voitures dans chaque sens)… Donc on ne traverse pas n’importe comment ! Il y a bien sûr des feux tricolores et des signalisations piétons. Mais aux heures de début et de fin de journée scolaire, il y a, en plus, des personnes qui font la circulation, équipés de leur grand gilet jaune, d’un chapeau contre le soleil, d’un parapluie parfois, d’un panneau stop et d’un sifflet…

Comme en France, me direz-vous ? Oui et non … Les australiens sont beaucoup plus disciplinés que les Français. Hors de question de s’arrêter en vrac dans la rue, ou sur le trottoir, il y a des parkings prévus pour, et les gens les respectent. Comme quoi, c’est possible, de faire quelques pas pour accompagner son enfant, sans bloquer le reste de la circulation.

Mais pour la traversée des passages piétons, c’est folklorique ! Pendant que le feu des voitures est vert, tous les gens qui veulent traverser s’entassent sur le trottoir. Hors de question aussi de traverser à un autre moment que celui strictement autorisé ! Et au moment où le feu piéton devient vert, il faut encore attendre le coup de sifflet de l’agent de circulation. Et là, tout le monde s’élance, enfants en uniforme, parents, grand-parents, poussettes, vélos, tout le monde se dépêche, ça court, ça trottine, etc …, en groupe compact, pour essayer de traverser en une seule fois ! Parce que la route est tellement large que, si on ne court pas, on se retrouve bloqué sur la zone herbeuse du milieu de la route, à attendre le feu suivant pour pouvoir traverser la deuxième moitié de la route. Avec Sarah, ça nous amuse tous les matins, d’être au milieu de ce groupe invraisemblable qui traverse au pas de course, et malgré tout, de manière relativement organisée !

E comme EAL – English as an Additionnal Language

D’abord, j’aime beaucoup ce sigle : ça dit d’emblée qu’on ne juge pas la langue maternelle de l’autre, et qu’on ne considère pas non plus qu’une langue puisse être « étrangère », celle de « l’étranger ». Une langue « étrangère », a de grandes chances d’être a priori moins bien parlée, moins bien maitrisée, et donc de mettre en difficulté « l’étranger » qui ne la parle pas correctement mais qui voudrait s’intégrer … Et qui pourrait choisir, comme l’ont fait des générations d’immigrés en France, de renoncer à leur langue maternelle, pour que, justement, la langue du pays d’adoption puisse être parlée au mieux. Là, non, pas du tout. On garde sa langue d’origine, et on en ajoute une autre. En se rappelant, au passage, que dans beaucoup de pays du monde, chacun parle de toute façon plusieurs langues.

Dans nos deux écoles, il y a une prise en compte des enfants « EAL ». L’école primaire a vraiment une dimension internationale et multi culturelle : dans la classe de Sarah, seuls 2 sur les 20 enfants sont nés en Australie ! Tous les autres sont arrivés plus ou moins récemment, venant d’Inde, Chine, Liban, Soudan, etc… Donc les enfants ne maitrisant pas l’anglais à la rentrée ont été évalués, par une des maitresses qui n’a pas de classe attribuée, et regroupés, par petits groupes de 8 enfants du même niveau. Parmi ces enfants, il y a ceux pour qui l’anglais est une « langue étrangère », bien sûr, mais aussi ceux qui ont des difficultés d’apprentissages en lecture et écriture. Et trois fois par semaine, pendant une heure, sur le temps scolaire, les enfants vont en classe d’EAL. Quelle chance ! Et Sarah ramène à la maison des devoirs de lecture d’EAL, avec trois petits livres à lire, si possible avec un adulte.

Au lycée, c’est Simon qui a eu le choix entre deux niveaux d’Anglais : « littérature » et « EAL ». Il a préféré choisir « EAL ». Et ils travaillent tout le semestre sur le thème « identity and belonging » … quel bon sujet de réflexion, pour des enfants qui arrivent d’un autre pays ! Qu’est ce qui fait notre identité ? Une langue, une culture, un passeport ? Et quels sont les signes d’appartenance à une culture, à un pays ?…

F comme Financement

Mais comment sont donc financées ces écoles, qui paraissent tellement plus « à l’aise » que nos écoles françaises ? Nous nous sommes très vite posé la question. Je n’ai pas toutes les réponses, mais en voici quelques éléments…

Ce sont des écoles publiques, avec un budget versé par l’état, en fonction du nombre d’enfants, et en fonction du « niveau socio-économique » des familles. Le critère retenu pour juger du « niveau socio-économique » est le niveau d’étude des parents. C’est à dire que l’état donne d’autant plus d’argent que les familles ont un faible niveau d’éducation. Dans l’absolu, ça me parait un bon critère, assez juste : si les parents ont un bon niveau d’éducation, ils sont bien placés pour aider leurs enfants à comprendre, à apprendre, à se cultiver, à s’ouvrir au monde. Mais pour notre école primaire, c’est en réalité un handicap, m’a expliqué une maman : l’école est dans le quartier de l’université, donc une grosse partie des familles sont des étudiants, qui viennent ici faire un master ou une thèse, avec des revenus très modestes, ne correspondant pas (ou pas encore) à leur niveau d’études.

Et ça pose donc problème à certaines familles, qui n’ont pas le budget pour payer les frais d’inscription ou l’uniforme … Car l’école n’est pas gratuite ! La somme que nous avons payée en début d’année nous semble très modérée : l’équivalent d’une semaine de courses au supermarché, donc bien moins cher qu’une école privée en France. Mais c’est trop cher pour certaines familles … Quelles sont les conséquences concrètes ? Et bien, par exemple, les cahiers sont distribués aux enfants quand les familles ont payé les frais d’inscription. A la fin du premier trimestre, dans la classe de Sarah, il y avait au moins une enfant qui écrivait toujours sur des feuilles volantes, n’ayant pas le « droit » d’avoir des cahiers, puisque ses parents n’avaient pas payé… Je trouve ça tellement injuste, ça donne envie d’inventer des solidarités !!

Un autre financement possible pour les écoles, ce sont les subventions, publiques et privées… Les écoles font des demandes, en lien avec tel ou tel projet concret, et les subventions sont acceptées ou non. Dans notre école, il y a un projet « sunsmart » pour lequel les subventions ont permis de financer l’installation de grandes bâches anti-soleil dans les cours de récréation, qui sont donc ombragées !

un grand bac à sable bien à l’ombre !

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ANZAC Day

Le 25 avril, en Australie (et aussi en Nouvelle Zélande) est un jour férié ! Cette année, ça tombait un samedi, alors on ne s’en est pas trop rendu compte.

D’habitude, à l’école, pour ANZAC day, il y a une cérémonie, qui n’a pas pu avoir lieu cette année, pour cause de confinement. Mais dans le cours en vidéo de jeudi matin, la maitresse de Sarah en a parlé, et a présenté un joli powerpoint, pour expliquer aux enfants (et aux parents) ce que c’est que ce jour-là.

Voilà ce que Sarah vous en dit :

« C’est un jour important, parce que c’est le jour où une grande bataille a commencé, et elle a duré 8 mois. C’était pendant la première guerre mondiale, la bataille de Gallipoli. Des soldats Australiens, Néozélandais, mais aussi Français, Anglais et Indiens  sont arrivés en Turquie pour se battre contre les Turcs qui étaient alliés aux Allemands. Beaucoup de gens sont morts. Et depuis, le 25 avril est un jour férié en Australie et en Nouvelle-Zélande, parce que on doit penser aux soldats qui se sont battus, se souvenir de ceux qui sont morts, et les remercier. Le romarin et les « poppies » (coquelicots) sont des plantes qui poussent là-bas, et on les utilise pour se souvenir. Les gens déposent des coquelicots devant chez eux, ou les accrochent sur les vêtements, pour montrer leur respect pour les soldats qui sont morts à la guerre. La phrase importante, c’est « lest we forget ! », ça veut dire « n’oublions pas ! ». Et ANZAC, siginifie Australia New Zealand Army Corps. »

Les cérémonies du souvenir ont habituellement lieu à l’aube, en mémoire du moment où les soldats ont débarqué à Gallipoli. Les cérémonies étant annulées cette année à cause de l’interdiction de rassemblements, nous étions invités à sortir devant notre porte à 6h du matin … Je dois avouer que nous dormions profondément à cette heure-ci.

Des « poppies » tricotés autour d’un arbre

Parmi les activités classiques pour enfants pour ce jour-là, on peut cuisiner des « Anzac biscuits » et bricoler des « Anzac lanterns ». Les ANZAC biscuits sont un souvenir des biscuits de soldats, qui étaient très durs pour pouvoir se conserver longtemps dans toutes les conditions. Mais ceux d’aujourd’hui sont croustillants et délicieux, aux flocons d’avoine et parfumés à la noix de coco ! Alors, on s’est régalés pour le goûter !  Yummy !

Les Anzac Biscuits de Sarah !
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La saga du vélo

Prologue

Once upon a time … Bref. Quelques jours après notre emménagement à Clayton Road, j’ai trouvé que les distances étaient un peu longues à pied, mais que par contre le quartier se prêtait assez bien au vélo. Un rapide tour sur gumtree (le site de petites annonces local, « le bon coin » si vous voulez) m’a permis de me procurer, pour quelques dollars, un vélo dont la qualité n’a pas grand chose à voir avec les montures des coureurs du Tour de France, mais qui a le bon goût de me transporter tous les matins jusqu’à la fac.

Il est beau mon vélo ! Bon, en fait non, mais il roule et il est pratique…

Quelques jours après, je m’avise que les patins de frein arrière sont fort usés, et j’en achète donc une paire neuve, chez un marchand qui me refile des patins très « fancy » (et assez reconnaissables !), et sans doute d’une qualité que le prix du vélo ne justifie pas…

… et il n’y a rien de plus à raconter jusqu’à la fin du mois de Mars.

Acte 1

En ces derniers jours pré-confinement, je reviens un beau soir de la fac. Je range mon vélo comme à l’accoutumée au fond de la cour (le Mardi ou le Mercredi soir, je crois), et je rentre à la maison pour la dernière fois – puisque le lendemain, la fac ferme et on est invités à travailler depuis chez nous.

Le dimanche de cette première semaine, l’envie me prend de me dégourdir un peu les jambes. Je me dirige vers le fond de la cour, et là que vois-je (ou plutôt, que ne vois-je pas) ? Mon vélo, qui a disparu. Rapides conciliabules: Myriam se souvient d’avoir vu la veille un antivol coupé dans le caniveau en face de la maison d’à côté, et de s’être fait la reflexion que franchement, les gens ici ils laissent leurs ordures n’importe où (ce qui est vrai d’ailleurs, mais c’est une autre histoire…).

Ah ben là, y’a plus de vélo…

On va voir et en effet : c’est bien mon antivol, qui s’ouvre avec mon code, et qui a fort proprement été coupé.

Acte 2

Le lundi à la première heure, je vais au poste de police, où on me dit que confinement, social distancing, tout ça; mais que pour ce qui est « non urgent », je peux faire les démarches sur internet. En effet je le peux, et non seulement le site web est facile et pratique, mais en plus la police me rapelle dans l’heure qui suit pour confirmer ma déposition, une dame très gentille, qui repousse mes excuses (moi: « oh vous savez, il était vieux ce vélo c’est pas si grave »; la dame: « oui, mais c’est quand même embêtant, et puis c’est pas normal, ça n’a pas à arriver »).

Je raccroche donc, relativement satisfait, mais tout aussi convaincu que ce vélo, je ne le reverrai plus… En attendant, la marche à pied, c’est pas mal non plus pour faire du sport !

Acte 3

Et justement. Au hasard d’une ballade dans le quartier, je passe dans la même semaine près de la gare, où un vélo est attaché sous les voies, avec une douzaine d’autres. Un vélo qui ressemble étonamment au mien. Tiens, me dis-je, c’est un modèle courant, l’équivalent local du Décathlon de base, je ne suis pas le seul…

Tiens, il me dit quelque chose, ce vélo…

Le dimanche suivant, nouvelle ballade, je repasse à la gare où je vois le même vélo au même endroit. C’est quand même étonnant. Je m’approche: il est vraiment très pareil. Y compris les patins de freins neufs à l’arrière, les freins montés « à la française » (l’arrière à droite, alors que ici les gens font le contraire) …

Acte 4

Je rapelle la police. Une dame toujours aussi sympathique, la même ou une autre, me conseille de prendre des photos et de les transmettre à l’officier (« officer ») qui s’occupe de ce cas.

Retour à la gare, où je regarde d’encore plus près le vélo, sous le regard de quelques policiers en patrouille à la gare ce soir là et un peu désoeuvrés (forcément, il n’y a pas grand monde dans le RER un dimanche soir de confinement…). Les policiers me conseillent de couper le cadenas et de récupérer mon vélo (mouais … le conseil me semble un peu rude…), à défaut de mettre une autre chaîne pour m’assurer que le vélo ne va pas à nouveau disparaître.

Un autre aller-retour à la maison pour emprunter un antivol (pas coupé !) au voisin, le remettre sur le vélo…

Acte 5

Eh bien le Lundi, mon téléphone sonne. C’est le Constable Lee, du poste de police de Clayton, en charge de mon cas. Il me pose quelques questions, et me dit qu’il va vérifier et me recontacter.

La semaine passe, chaque jour je repasse à la gare pour constater la présence du vélo en question… Le Vendredi, le Constable me rapelle et me demande si je suis vraiment certain que c’est mon vélo ? « Ben, euh, je crois, oui, mais enfin, vous savez, c’est un modèle commun… mais il me semble, oui…  » « Bon, alors dans cas, allez couper la chaîne et récupérez-le ». Pardon ? Oui oui, c’est bien le conseil officiel et tout et tout, et voilà mon numéro de téléphone et de matricule, si on vous pose des questions dites leur de m’appeler….

Et, alors que je remercie encore, et que je m’excuse d’avoir sollicité la police pour une aussi maigre affaire « mais non, mais c’est normal, on est là pour ça … moi aussi on m’a piqué mon vélo il y a quelques temps, je sais ce que c’est… ». Je ne pensais pas le revoir, ce vélo, l’efficacité de la police m’étonne : « oh, vous savez, c’est moi qui devrait vous remercier, c’est vous qui avez fait mon boulot ! Have a good week-end, mate ! ».

Je m’équipe donc d’une scie à métaux, et me livre à des activités louches devant la gare en début de soirée, sous le regard goguenard des mêmes flics que la semaine dernière…

Un criminel en pleine action…
C’est costaud ce bidule !

et c’est ainsi que le vélo a regagné son domicile (il dort quand même dans la lingerie maintenant !).

C’est à moi, ça ! Ah, mais.

Celui qui est content, c’est Simon, qui fait des grands tours en vélo tous les jours après l’école

Publié dans Non classé

Pas si con(finé) qu’il en a l’air…

Il est bien connu que Anzac Day, c’est le dernier jour de beau temps de l’année. Hier (Samedi 25) n’a pas fait mentir le proverbe: il a fait un temps estival. Comme par ailleurs on sent que les choses ici se tirent tout doucement (2 à 3 nouveaux cas de virus par jour dans le Victoria, une quinzaine en Australie), on s’est dit que peut être que notre tour du pâté de maison quotidien pouvait se transformer en un tour du lac, oh, pas bien loin, à 15 km de la maison, le premier bout de nature en dehors de la ville.

On n’était pas les seuls à avoir eu cette idée…

C’est pas bien confiné, tout ça…

Moyennant quoi, tout le monde prend grand soin de respecter ses distances, on se sourit de loin, et chacun respecte scrupuleusement l’interdiction de pique-niquer : par cette belle journée d’automne toutes les tables sont vides et personne n’a amené ne serait-ce qu’une couverture pour s’asseoir et manger son sandwich face au lac.

Bon, voilà, sinon c’est pas la ballade la plus touristique du Victoria, mais c’est pas vilain…

Quant au prix de l’essence, il bat tous les records (78 c, ça fait 0.46 € / litre). C’est la première fois que je paye un plein en sans-contact….

PS- On apprend ce matin que le Queensland (c’est pas nous !) reouvre officiellement ses parcs nationaux à partir du week-end prochain…

Publié dans Kangouvirus

Faire ses courses !

De jour en jour, ou plutôt de semaine en semaine, puisque c’est notre rythme de courses, les aménagements au supermarché augmentent. Je suis assez admirative de toutes ces capacités d’adaptation mises en œuvre au fur et à mesure, autour de ce nouvel objectif : la « safety », la sécurité sanitaire. Pouvoir faire ses courses sans risquer d’être contaminé par un virus, il y a encore quelques semaines, ça ne traversait l’esprit de personne, mais maintenant tout le monde ne pense qu’à ça ! Admirative et perplexe, car on a parfois l’impression d’être non seulement dans un nouveau pays, mais carrément sur une nouvelle planète, où le leitmotiv du quotidien est devenu « éviter la contamination »…

Aujourd’hui, dans notre supermarché habituel, à côté de la porte d’entrée, il y a des distributeurs de lingettes à l’extérieur et un grand  distributeur de gel hydroalcoolique à l’intérieur. Les vigiles à l’entrée ont été doublés, et forment maintenant un binôme du genre « vigile musclé – caissière souriante », complémentaire, efficace et sympathique.

Un circuit de circulation est instauré, pour que les gens n’aient pas à se croiser, ce qui ne peut pas se faire dans le respect des règles de distance. Il y a donc une porte pour entrer et une pour sortir. Les chariots et paniers aussi sont organisés en deux tas : un tas « propre » et un tas « utilisé ». Quand on a fini ses courses, on ne remet pas son chariot ou son panier n’importe où. Et un employé du magasin désinfecte chariots et paniers avant de les remettre dans le tas de « propre ».

La liste des produits limités s’allonge : elle fait maintenant une pleine page A4. Pour tous ces produits, on ne peut en acheter que un ou deux. Et la limite se fait de toute façon au niveau de l’ordinateur des caisses : si on prend trois unités d’un produit limité à deux, ça se bloque au troisième, ça ne passe pas, tout simplement.

Les rayons sont bien garnis, maintenant, même si ça n’a pas encore tout à fait l’air « normal ». Il y a même trois sortes de pâtes et trois sortes de riz. Par contre, au rayon farine, celle disponible aujourd’hui, c’est « self-raising blanche » … et bien, cette semaine, on va cuisiner avec ça ! A part les scones, je ne sais pas trop quoi cuisiner avec cette farine-là … mais je suis sure qu’on va trouver !  

L’ouverture des caisses est très souple : un des employés surveille, et, dès qu’il y a plus de deux personnes qui font la queue (bien sûr, chacun bien placé sur sa pastille au sol, à la bonne distance du voisin), il ouvre une caisse supplémentaire. Les caissier(e)s s’interrompent régulièrement, pour nettoyer et désinfecter le tapis.

Les caissières ne mettent plus les produits dans les sacs, mais les clients doivent le faire eux-mêmes. C’est totalement nouveau dans ce pays ! Et ça a donné lieu ce matin à un échange très sympa avec la caissière, qui me regardait remplir mes sacs, et qui me dit « oh, vous êtes vraiment efficace et rapide, pour remplir les sacs ; d’habitude, les clients ne sont pas si rapides ! ». Et moi, je lui dis tout naturellement que c’est comme ça qu’on fait dans « mon pays », et que en fait, je n’ai pas l’habitude que quelqu’un le fasse pour moi, comme c’est le cas en Australie … Et elle, tout étonnée qu’il y ait des pays où ça se passe autrement que chez elle, me demande « ah bon ? Mais vous venez de quel pays ? » … et elle est restée très surprise de ma réponse !! Pour elle, c’est tellement un service appréciable, d’emballer les courses de quelqu’un, qu’elle n’imagine pas que dans un pays civilisé comme la France, on puisse vivre sans ce « service », cette « valeur ajoutée » …

La plupart des gens ont des masques ; c’est bien, c’est rassurant quant à la prise de conscience et le risque de transmission. Mais aussi, la plupart des gens ne regardent même plus les autres en les croisant … Petit à petit, il y a une distance qui s’installe entre les personnes, et pas seulement une distance physique, mais une distance « humaine », en quelque sorte. Le petit geste de tête, le sourire, le salut, la petite phrase échangée, tout cela a disparu … Je m’interroge et je m’inquiète : que vont devenir les rapports humains ?… Et je veux rester résolument optimiste : quand tout ça sera terminé, les gens seront tellement contents, qu’ils se salueront et se parleront encore plus qu’avant !!

Publié dans Le coin de Claire

Soyez fiers, ça fait du bien !

Je suis fière. Fière de moi, oui, de ce que j’accomplis, de ce que je fais, de ce que je suis, fière de moi, mais aussi fière des autres. De mes proches, ma famille, mes amis. De mon frère, qui est premier de sa classe dans une matière où il partait avec un an de retard. De ma soeur, quand elle monte sur scène devant tout un public pour jouer de la musique, du haut de ses dix ans. Je suis fière de mes proches parce que, tous, ils ont quelque chose de spécial, une qualité, un don qu’ils développent, ou qu’ils peuvent développer. Parce que ce sont tous des personnes fabuleuses. 

Et quelque part, être fier des autres et pas seulement de soi, c’est important. Se réjouir pour les autres, pour leurs réussites, c’est ce qui fait la joie d’un groupe. C’est peut-être ça, la solidarité, être fier des autres. Parce que pour être fier des autres, il faut d’abord leur prêter attention. On ne peut pas remarquer les exploits de ses proches si on vit centré sur soi-même. 

Être fière de mes proches, c’est une des plus belles choses que j’aie jamais ressenti. Cette sensation d’euphorie, de chaleur au creux du ventre, de partage aussi… Cette sensation qui vous rappelle que les gens sont géniaux.

Alors, prenez le temps d’y penser. De vous rappeler que vous êtes entourés de gens géniaux.

Et soyez-en fiers.

Publié dans Chez Simon

Collector

Dans ce jeu, vous contrôlez l’étoile et devez collecter toutes les gemmes et ouvrir tous les coffres grâce aux clés tout en esquivant les coccinelles. Si vous avez pris trop de dégâts, pas de panique, le cœur et la pour vous rendre toute votre vie.

Vous devez cliquer dans la zone de jeu pour pouvoir contrôler l’étoile.

Contrôles :

-Haut : z

-Gauche : q

-Bas : s

-Droite : d

Ces contrôles sont prévus pour être pratiques sur un clavier azerty. Si vous avez perdu, recharger la page pour rejouer.

Publié dans Chez Simon

Snake game

Dans ce jeu d’arcade classique, vous devez aider le serpent à manger sa nourriture, sans qu’il ne se cogne contre les murs ou contre lui-même.

Vous devez cliquer dans l’écran pour pouvoir contrôler le serpent.

Contrôles :

-Haut : z

-Gauche : q

-Bas : s

-Droite : d

Ces contrôles sont prévus pour être pratiques sur un clavier azerty. Si vous avez perdu, recharger la page pour rejouer.