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Donna Buang

Doña qui ? *

Non, vous n’y êtes pas, il s’agit d’un sommet dans les Yarra Ranges, qui domine la vallée de la Yarra du haut de ses 1250 m. Si vous n’en n’avez pas entendu parler, vous avez des excuses: les Victoriens non plus, jusqu’en 1907, date à laquelle un éminent Professeur de Géographie a eu l’honneur d’annoncer au public ébahi que

… within forty miles of the Melbourne Town Hall, there exists a mountain absolutely unknown to the public of Melbourne even though it is higher than any point in England, Wales or Ireland…

Bon, Donna Buang n’est pas le point le plus haut d’Australie, ni même du Victoria. Mais c’est un des derniers sommets de cette chaîne que les locaux appelent, de façon peut être un brin ambitieuse, « Victorian Alps ».

Les Alpes ? Oui, mais Victoriennes…

Il paraît, en tout cas, qu’il peut néiger à Donna Buang…

Le mode d’emploi de la neige… c’est pas comme si on en avait tous les ans dans son jardin, par ici !

Neige ou pas, par cette belle journée d’hiver, ça caillait !

Heureusement qu’il y a un abri au sommet. Et il n’est même pas Covid-fermé…

Sinon, les pentes de Donna Buang et le sommet sont couverts de cette forêt qui devient maitenant familière, mais toujours aussi chouette.

Quand même, on a un peu du mal à imaginer les fougères sous la neige !

Au pied de la montagne, dans la Yarra Valley, les coffee shops succèdent aux magasins d’antiquités, et la foule déconfinée se presse dans les rues de Warburton et Yarra Junction. Mouais. Nous, on s’est contenté de s’arrêter à une ferme au bord de la route, où un authentique fermier Australien, gros bras tatoué sous le Marcel (oui, il fait 10 °C, et alors ?) et accent à couper au couteau (« ye want saayme of meeey aypples ? They’re good for baey-iking ») nous fournit quelques kilos de très bons fruits à des prix défiant toute concurrence !

Paysage bucolique dans la Vallée

* Cette blague vous est offerte par Simon…

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Phillip Island

Pendant que la situation se normalise petit à petit, qu’il ne reste plus qu’une poignée de cas actifs en Australie (et encore, la plupart sont des gens en quarantaine en revenant de l’étranger), que les restrictions sont levées les unes après les autres….

… on a donc décidé de s’offrir une vraie journée de balade, et d’aller jusqu’à Phillip Island, à une centaine de kilomètre de Melbourne. C’est une île à peu près de la taille des iles de Charente, Oléron par exemple, avec également un côté sur l’océan et un côté sur une baie fermée. Et c’est aussi assez touristique et plein de résidences secondaires et de plages.

Pour les visiteurs, Phillip Island est réputée pour ses baleines, ses phoques et ses pingouins. On n’a vu aucun des trois…

En revanche, on a vu des tas de « swamp wallaby » (des petits kangourous), des dizaines de grosses oies (des « Cape Barren Goose »), plein d’oiseaux en tout genre…

Superbe specimen de  Cereopsis novaehollandiae
Swamp wallaby pas farouche…
Surferis Australiensis, une espèce assez commune par ici aussi…

Plus généralement, c’était une belle journée ensoleillée d’hiver, avec des beaux paysages côtiers. Il n’y a que les baleines qui n’étaient pas là.

Bref, une chouette ballade. Il n’a même pas manqué le petit tour sur le « pier » en fin de journée (à Cowes) …

… ni même le maintenant traditionnel « fish and chips » au coucher du soleil. Même si le coucher de soleil, c’était à 17h : est-ce notre faute, aussi, si il va se coucher aussi tôt ? Tant pis, on prendra le thé en rentrant à la maison vers 19h…

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Royal Botanical Garden (et autour)

Grande promenade, ce Samedi, à la limite du centre-ville pour changer un peu des plages désertes et des forêts isolées… En suivant la Yarra River, nous avons rejoint le jardin botanique (Royal, bien sûr !), pour y flâner sous (dans ?) les grands arbres et sur les impeccables gazons Anglais…

Le jardin botanique, et la plupart des parcs naturels ont réouvert avec précaution. Les gens doivent toujours garder leurs distances et éviter les grands groupes (ce qu’ils font … à peu près). Le Jardin a mis en place quelques précautions, dont on ne sait pas si elles sont pragmatiques ou symboliques…

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Easing of restrictions

Il paraît que le soleil s’est absenté de France ces derniers jours… ce n’est pas très étonnant, il était venu faire un petit tour à Melbourne, où on a eu quelques journées franchement estivales !

Ici, il n’est pas question de « déconfinement », mais de « easing of restrictions ». Ce qui veut dire, par exemple, qu’on est toujours supposé rester chez nous; mais aux 4 raisons valables de sortir (courses, soins médicaux, exercice physique et travail) s’en est rajoutée une cinquième, « rendre visite à des amis ». Et l’exercice phyisque s’est transformé en « exercise and recreation ». Pour le reste, « rien ne change », nous répète le Premier (ministre) du Victoria, on doit toujours travailler depuis chez soi autant que possible, ce qui était fermé le reste, les rassemblements de plus de 10 personnes sont toujours interdits, etc.

Quoi qu’il en soit, profitant de ce beau soleil, les Melbourniens (dont nous) ont pris très au sérieux les nouvelles possibilités de sorties… Nous étions sur la côte, près de Brighton où nous étions déjà allé, pour une flânerie au soleil, immeubles du CBD en arrière-plan…

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Testée pour le Covid !

La semaine dernière, Sarah était malade, un mal de ventre un peu bizarre, avec un peu de fièvre… Nous décidons donc de l’emmener chez le médecin, pour que quelqu’un d’autre que moi puisse lui examiner le ventre et rassurer tout le monde.

Mais ce n’est pas si simple que ça !! L’organisation du système de santé en Australie s’est adaptée à l’épidémie en cours … Le résultat, c’est que pour simplifier la vie des médecins généralistes (et des autres médecins en cabinet), et éviter les risques de contamination dans la salle d’attente, ainsi que les contraintes de désinfection, les patients « à risque » d’être porteurs du Covid ne rentrent pas dans le cabinet ! Et dans la catégorie « à risque », il y a « fièvre » (et aussi toux, mal de gorge, contact avec quelqu’un de positif, personnel soignant, etc …).

Donc l’infirmière du cabinet se précipite dès l’entrée (et si possible même dans la voiture sur le parking, à travers la vitre ouverte), pour prendre la température de Sarah, et m’explique très gentiment « elle a de la fièvre, elle ne peut pas rentrer, le médecin ne peut pas la voir, vous devez aller au centre de dépistage pour un test. Si le test est négatif, alors vous pourrez venir en consultation ».

Nous voilà donc reparties, direction le centre de dépistage, dans la même rue, entre le généraliste et notre logement. Il n’y a pas de file d’attente, donc tout va très vite. Nous sommes accueillies à l’extérieur du bâtiment par une infirmière toute habillée-gantée-masquée, très gentille, à qui j’explique mon histoire. Nous sommes invitées à nous laver les mains au spray, à mettre un masque, elle reprend la température de Sarah, la mienne aussi au passage, et nous donne un ticket chacune.

Deuxième étape : dans le bâtiment, au comptoir d’accueil, il y a des secrétaires qui créent un dossier dans leur ordinateur, et font vérifier trois fois le numéro de téléphone. Les distances de sécurité sont respectées, et c’est un peu compliqué de faire ça à deux mètres de distance, tout le monde masqué, pour épeler nos noms à consonance étrangère (pour elles).

Entre temps, Sarah est devenue toute blanche et n’arrive pas à respirer sous son masque. On lui trouve une chaise dans un coin, et un médecin arrive tout de suite. Rien de grave. Assise, ça va mieux.

Puis nous entrons dans la salle de « consultation ». L’ameublement est très minimaliste : un bureau avec un ordinateur, une boite de mouchoirs en papier et une boite de gants, une chaise pour le médecin, une poubelle, deux chaises pour Sarah et moi, et … c’est tout !! Au moins, c’est facile à désinfecter ! Le médecin est un « junior doctor » (interne ?) très sympa, qui fait tout ce qu’il peut pour rassurer Sarah. Je lui réexplique notre histoire. Il va chercher un appareil pour mesurer le rythme cardiaque et la saturation en Oxygène, tout en s’excusant de la taille et du bruit de son appareil, parce qu’ils ont dû équiper la clinique dans l’urgence alors ils ont ressorti du vieux matériel. Il s’excuse aussi de ne pas pouvoir examiner Sarah et lui palper le ventre, mais vu qu’il n’y a pas de table d’examen, à part l’allonger par terre, c’est vrai qu’il ne peut pas faire grand-chose de plus.

Il fait le prélèvement à Sarah (le coton-tige au fond du nez), me dit que de son point de vue, je ne suis pas obligée de faire le test mais qu’il peut le faire si je le souhaite. De toute façon, si le test de Sarah est positif, il faudra tester toute la famille. Donc je décline sa proposition pour l’instant. Les résultats de Sarah arriveront dans 48h, soit par SMS si c’est négatif, soit par appel téléphonique si c’est positif.

C’est bien beau tout ça, mais … elle a toujours mal au ventre, qu’est ce qu’on fait ? Ben … soit vous considérez que c’est vraiment grave et vous allez aux urgences de l’hôpital (eux, ils sont équipés pour la désinfection spécial Covid), soit vous rentrez chez vous, vous la surveillez et vous irez voir votre généraliste quand vous aurez le résultat négatif du test. il a même pris le temps d’appeler son collègue des urgences pédiatriques, pour le prévenir.

Monash hospital (enfin, le bâtiment historique, il y a plus neuf à côté)

Finalement, on a décidé d’attendre, et on a bien fait. Le temps qu’on reçoive le résultat du test (négatif), Sarah allait bien mieux, et on n’a pas eu besoin d’aller chez le médecin ! Ouf !

Je suis quand même partagée entre l’aspect saugrenu, incongru de « elle est malade donc le médecin ne peut pas la voir », et … l’admiration pour l’organisation pragmatique et efficace des centres de dépistage, mis en place si rapidement ! Et je suis bien désolée pour les médecins généralistes français, qui vont, en plus de leur activité normale, devoir faire les tests, l’information, le traçage des contacts, et tous les nettoyages supplémentaires …

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Petit abécédaire de l’école en Australie (tome 3)

P comme Public / Privé

On a eu un peu de mal à comprendre la différence entre public et privé, car ça ne se superpose pas vraiment avec la distinction en France … Même dans les écoles publiques, si on n’a pas le bon visa, on doit payer des frais de scolarités assez monstrueux (si on avait dû payer le vrai prix pour la scolarité de nos trois enfants, la totalité du financement de JF y passait, on aurait dû choisir entre se loger ou les mettre à l’école !). Nous étions donc très heureux d’avoir le « bon visa », qui nous considère comme des « résidents temporaires » et pas comme des étrangers ! Au passage, ce n’est pas mal de se rappeler ce que coûte vraiment une école, un bâtiment, des structures, des enseignants, etc … Ce n’est pas un « dû », justement !

Quant aux établissements privés, on n’a eu aucun contact, mais il parait que les frais de scolarité sont les frais réels … Mais pourquoi donc certaines personnes mettent leurs enfants dans le privé en Australie ? Les réponses que nous avons eues autour de nous sont « pour le prestige » et « pour avoir le bon réseau » … J’ai écouté poliment quand on m’a expliqué ça, mais je dois avouer que ça me dépasse un peu, comme mentalité …

R comme Ratio adultes/enfants

Ca, c’est une des grosses différences entre la France et l’Australie ! Et ça nous épate ! Avec quasiment le même budget national, ils arrivent à avoir quasiment deux fois plus d’adultes que nous en France pour le même nombre d’enfants.

Dans l’école primaire de Sarah, il y a, pour environ 300 enfants répartis sur 15 classes : bien sûr, une maitresse par classe, mais aussi une directrice à plein temps, un directeur adjoint à plein temps, une à deux personnes en permanence à l’accueil-secrétariat (ce qui correspond à au moins 4 personnes physiques), il y a aussi une comptable + les enseignants spécialisés (sport, musique, art, japonais) + la « EAL teacher », + une ou deux « well-being teacher » (voir « W ») + un homme d’entretien + les gens qui font le ménage + les bénévoles … ça laisse rêveur …

S comme Skills

« Skills », ce sont les compétences. Et c’est un mot qui est beaucoup plus utilisé que « knowledge », les connaissances. Tous les enseignants parlent des « skills », et même les enfants ! Dès le primaire, ils y sont sensibilisés : au début de chaque leçon, la maitresse leur explique les « Learning Intentions » (objectifs d’apprentissage) et les « Success Criteria » (critères de réussite), qui sont écrits au tableau, et que les enfants recopient dans leurs cahiers. C’est comme si on donnait à l’enfant les outils pour savoir ce qu’il doit apprendre, ce qu’il doit être capable de faire … et on apprend à l’enfant à s’auto-évaluer (en comparant ce qu’il a fait aux critères de réussite annoncés).

Et les « skills » ne concernent pas seulement la dimension « scolaire », « intellectuelle » des apprentissages. Il y a aussi tous les « motor skills » (savoir attraper une balle est aussi important que maitriser l’orthographe), et les « social skills » (être à l’aise en société, savoir se faire des amis ou parler en public), qui sont « enseignés » à l’école, et attendus des élèves, y compris au lycée !

T comme Terrain de Jeux

Ca aurait pu être « E comme Equipment », parce que c’est comme ça qu’on appelle les « structures à grimper » gigantesques qui sont dans les cours de récréation. Le terrain autour des écoles est immense, comparé à la France : quel luxe (ou quelle chance ?) d’avoir construit des écoles en même temps que les villes, ou légèrement en-dehors des villes, et pas juste d’essayer de les faire tenir dans un espace restreint … Dans l’école de Sarah, il y a plusieurs cours de récréation, 4 terrains de tennis, un terrain de cricket, et encore plein d’espace autour. Et il y a trois structures différentes, dont une qui monte jusqu’à 4 ou 5 mètres de haut, avec toboggans, barres pour se suspendre, mini-tyrolienne, trucs divers pour marcher en équilibre, grimper, s’accrocher, se défouler ! Ah, j’oubliais le bac à sable, grand comme une salle de classe et ombragé, et les pneus à moitié enterrés sur lesquels on peut aussi jouer et grimper !

Et on a même le droit d’y rester après la fin des classes, puisque « c’est une école publique, donc les structures sont publiques, et bien sûr les enfants de l’école peuvent y accéder même en-dehors des horaires scolaires » … ça alors !

Un jour, la maitresse m’a dit que, vraiment, Sarah était tout le temps sur les barres (au point d’avoir des ampoules plein les mains), « comme si elle n’avait pas l’habitude ». Et là, j’ai essayé de lui expliquer qu’effectivement, elle n’avait pas l’habitude, parce que, en France, la majorité des écoles n’ont que des cours de récréation complètement nues, le plus souvent même sans arbres. Elle m’a fait répéter trois fois, et je crois qu’elle ne m’a pas crue …

Dans un autre coin de la cour de l’école, il y a aussi un jardin potager et un poulailler. Sarah s’inscrit régulièrement pour aller nourrir les poules et ramasser les oeufs, avec les deux « grandes » de 12 ans qui sont responsables de ça : c’est trop bien !

Et aussi, bien sûr, les enfants ont le droit de se fabriquer des cabanes entre les arbres, derrière les haies, etc … Ils ont en tout et pour tout 30 min de récré le matin et 1h au moment du lunch, mais ils en profitent à fond !

Le plus grand « playground » de la cour (Sarah, à gauche, donne l’échelle)
Le « playground » des 5-7 ans

U comme Uniforme

Et oui, l’Australie est un pays où la quasi-totalité des écoles ont un uniforme. Chaque école a le sien, ses règles et son degré d’application des règles.

Au début, nos enfants trouvaient ça bien étrange : Sarah récalcitrante, Claire très contrariée à l ‘idée d’être en robe tous les jours, et Simon un peu dépité et coincé avec son blaser. Mais tout le monde s’est habitué très vite. Sarah « se sent bien dedans » et est très heureuse de le mettre tous les matins. Pour les deux grands, c’est moins flagrant : ils ont intégré comme une évidence que c’est ça la tenue d’école … mais sont très heureux de se changer dès qu’ils arrivent à la maison, pour retrouver des vêtements un peu plus confortables !

Trois écoliers prêts pour les cours !

La différence entre l’uniforme de primaire et celui du secondaire est manifeste. Dans un cas, l’objectif est que les enfants soient confortables et puissent bouger tant qu’ils veulent, et chacun peut choisir s’il préfère robe, short à plis, short droit, short-jupe, jupe ou pantalon. C’est fonctionnel. Dans l’autre … c’est plus subtil à expliquer, mais quelque chose comme « on vous prend pour des grands, sérieux, raisonnables, futurs adultes qui serez bien habillés pour aller travailler ». Et c’est vrai, après tout, dans la plupart des postes, la tenue vestimentaire est importante. Peu de travailleurs peuvent s’habiller en jean troués-Tshirts avachis sur leur lieu de travail. Alors, pourquoi pas considérer les ados comme des futurs adultes, plutôt que comme une catégorie à part ?…

L’uniforme contribue aussi à donner aux enfants le sentiment d’égalité entre eux, et en même temps d’appartenance à un groupe. Ce groupe, c’est l’école toute entière (y compris des camarades que je n’ai pas choisi et que je n’aime pas), et pas seulement mon groupe de copains. Et un autre effet de l’uniforme, c’est que la manière dont je me comporte quand je suis en uniforme montre aux gens la « qualité » de mon école …

Une particularité avec les uniformes : les signes religieux sont autorisés (turban sikh, foulard musulman, etc …) à condition qu’ils soient discrets, et … d’une couleur assortie à l’uniforme ! Quelle belle manière toute simple de concilier l’individualité et l’appartenance à un groupe plus large !

Le choc culturel a été non seulement l’uniforme, mais aussi les magasins d’uniformes ! Car en début d’année, il faut s’équiper ! Et tout se trouve dans des magasins dédiés, qui ressemblent à ça :

Pour les uniformes, il y a des magasins spécialisés…
Tout est bien rangé avec un rayon par école.

Heureusement que les vendeuses sont nombreuses et bien au courant; elles nous ont été très utiles !

Il a aussi fallu s’adapter au niveau des lessives ! Pour avoir des vêtements propres tous les matins (5 jours par semaine pour 2 ados et une sportive), il faut en faire des lessives !! Et est-ce que je peux laver sans risque dans la même machine un T-shirt orange pétard et une chemise blanche ?? Je n’ai jamais osé essayer !

V comme Vocabulaire …

J’ai déjà mentionné que l’Anglais n’était pas une « langue étrangère », mais une « langue additionnelle », et que je trouvais la différence intéressante (voir E comme EAL). Il y a un certain nombre d’autres exemples où l’usage d’un mot plutôt que d’un autre en anglais donne un sens différent à la même idée exprimée par un mot français.

Par exemple, les enfants ici ne sont pas des « élèves », mais des « students » ! C’est le même mot qu’on utilise, du début de l’école primaire (5 ans) à l’université : tous les « apprenants », quel que soit leur âge, sont des « students ». Quand j’ai appris l’Anglais au collège, j’avais appris le mot « pupil » pour traduire notre mot « élève » français, mais de nos jours en Australie, il n’est pas du tout utilisé ! Et cette nuance nous interpelle : derrière le mot « student », il y a l’idée que la personne qui apprend est active, volontaire, responsable de son apprentissage, alors qu’un « élève » est plus passif, et attend que quelqu’un d’autre lui enseigne des trucs. Est-ce qu’il faut aller jusqu’à y voir une différence profonde dans la pédagogie ? peut-être …

De la même manière, en face d’un « student », il y a un « teacher », sans aucune nuance entre l’école primaire ou le lycée : c’est le même mot. Certains « teachers » de l’école primaire sont spécialisés, dans des matières comme l’Art, la Musique, le Sport, et n’enseignent que ça. Mais inversement, au lycée, certains « teachers » ne sont pas spécialisés uniquement dans une matière : ils peuvent très bien enseigner les maths ET les sciences, ou la psychologie ET l’Anglais, par exemple. Et ça se comprend, puisque la fonction d’un « teacher » est de fournir à l’enfant les conditions pour qu’il apprenne, et pas de lui transmettre un savoir… D’ailleurs, au lycée, il n’y a pas une catégorie à part de personnel qui soient des « surveillants » : ce sont les « teachers » qui se relaient dans la cour, et en profitent pour discuter avec les élèves de manière informelle. Nos enfants trouvent ça très sympa !

W comme « well-being »

Well-being se traduit en théorie par « bien-être », mais … l’idée d’un professeur de bien-être n’est pas du tout adaptée ! Les « well-being teachers » sont des enseignants, sans classe attitrée, présents sur l’école et attentifs au bien-être psychologique des enfants. En période de rentrée scolaire, ils rassurent les parents inquiets, (entre autre ceux dont la grande fille de 10 ans ne parle pas encore anglais), et vont de classe en classe, pour passer du temps avec ceux qui en ont besoin, consoler ceux qui pleurent, repérer les enfants qui paraissent fragiles ou anxieux. Au quotidien, ils montent des projets comme le poulailler ou le potager. Ils rappellent aussi les règles concernant la santé (protection contre le soleil, hydratation) et aident à les faire respecter, et à se donner les moyens de les mettre en place (fontaines d’eau potable dans la cour, par exemple).

En période de confinement et d’école à la maison, ils sont infiniment précieux !! Dès le début, ils ont transmis aux enfants et aux parents des coordonnées de gens qu’on peut appeler si besoin, du psychologue à la protection de l’enfance. Et ils ont donné des points de repère pour le déroulement de la journée confinée, avec la nécessité d’alterner du travail et du jeu, de respecter les rythmes de sommeil et d’alimentation, de sortir, de bouger, etc … Et toutes les semaines, ils nous envoient un petit projet, ou un petit travail, pour aider l’enfant à se sentir bien et à positiver.

Les 26 mots choisis par Sarah, pour se présenter de manière positive …
Et sa « carte du coeur », avec les choses qu’elle aime, classées par catégories

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Ambiance d’automne dans les Dandenong

On continue nos ballades « socially distanced », et on retourne dans les Dandenong, à quelques kilomètres de Melbourne, où nous sommes déjà allés.

Aujourd’hui, c’est sous un beau soleil d’automne (l’averse ayant gentiment attendu qu’on soit remonté en voiture), et une température de même : 9 degrés dans les collines. D’ailleurs, si les enfants sont toujours en short (apparemment les petits garçons, jusque vers 12 ou 14 ans, sont en short pour se balader quelque soit le temps, c’était déjà le cas la semaine dernière. .), ils ont un bonnet et une écharpe.

Les eucalyptus ne changent pas de couleur, et perdent leurs feuilles toute l’année. Par contre les arbres des jardins, érables japonais et châtaigniers, sont rouges et dorés !

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Petit abécédaire de l’école en Australie (tome 2)

H comme Horaires

Ils nous plaisent bien, les horaires Australiens, bien plus que les horaires Français ! On va à l’école 5 jours par semaine, avec chaque jour 5-6 heures de classe + 1h de pause repas. C’est régulier, ça permet de commencer pas trop tôt (8h30-9h), de finir pas trop tard (15h-15h30), d’avoir le temps de faire autre chose après, quel bonheur au quotidien ! La question de travailler le mercredi n’a jamais posé de problème à Sarah, qui s’est parfaitement adaptée, et n’est pas plus fatiguée le vendredi pour autant.

Il y a des solutions de garde le matin et l’après midi pour les familles où personne ne peut récupérer les enfants d’âge primaire. Et au lycée, il y a un nombre incroyable de « clubs » après les cours, d’activités diverses. Simon n’était pas très motivé (et le club jeux et stratégie tombait le jour où il a un cours jusqu’à 16h30, pas de chance). Mais Claire s’est inscrite à la chorale, ainsi qu’à la préparation du grand spectacle d’école (comédie musicale « Mary Poppins », avec livret officiel, auditions, et tout, et tout !).

H comme Homework (devoirs à la maison)

Alors là, il y a vraiment une grosse différence entre le primaire et le secondaire : en primaire, pas de devoirs, seulement de la lecture (« ce que vous voulez, au moins 20 minutes tous les jours », dit la maitresse), mais au secondaire, il y en a beaucoup, globalement plus qu’en France.

Sarah a eu quelques fois des choses à faire par écrit quand même, quand elle n’avait pas compris ou pas bien fait à l’école, et que la maitresse lui demandait de refaire à la maison (avec les explications des parents, ou un peu plus de soin !).

Mais les grands ont vraiment passé du temps à travailler à la maison. Avec des « gros » devoirs, cours vidéo à regarder, recherches, rédactions, etc … Claire aime bien rester au « homework club », après les cours, deux jours par semaine, où les professeurs sont à la disposition des élèves qui le souhaitent, pour aider, expliquer.

Et alors, les devoirs de vacances, c’est du jamais vu pour nous ! Claire y a passé au moins 4h par jour, tous les jours, les deux semaines de vacances ! Avec un planning de travail donné par les profs, avec des dossiers et des « devoirs-maison » à rendre, à la fin de chaque semaine. Avec aussi des professeurs qui envoient des mails pendant les vacances, qui corrigent les devoirs à la maison, et qui répondent aux mails des élèves (y compris le samedi de Pâques, d’ailleurs !)

L comme Lecture

C’est très curieux, pour nous, l’apprentissage de la lecture en Anglais ! C’est un apprentissage progressif, avec des mots de plus en plus longs. Ca parait très adapté à la langue anglaise, qui permet d’écrire des histoires entières (pas très palpitantes, je vous l’accorde) avec des mots de 3 ou 4 ou 5 lettres … Il y a donc une trentaine de niveaux de lecture, avec des livres d’apprentissage de lecture, correspondant à chaque niveau, clairement identifiés ! Les enfants ne sont pas obligés de les suivre tous, mais il faut respecter la progression.

Je vous promets, c’est une vraie histoire. Tout en mots de 3 lettres. Et en vers, s’il vous plaît.

Sarah a commencé au niveau 4 ou 5, elle est maintenant au niveau 12 ou 13 ! Ce qui ne l’empêche pas de lire d’autres petits livres à côté, empruntés à la bibliothèque municipale, ou à celle de l’école. Les autres enfants de son groupe d’EAL se répartissent du niveau 7 au niveau 20.

M comme Matières

A l’école primaire, il y a des matières qui sont les mêmes qu’en France, bien sûr : lecture, maths, orthographe, etc… Mais il y a aussi des différences. Certaines matières se font avec des professeurs spécifiques : l’Art, la Musique, le Sport. Et la langue étrangère choisie ici est le Japonais, avec un professeur spécifique aussi, bien sûr !

Et certaines matières sont enseignées de manière très différente. Il y a « inquiry » (qu’on pourrait traduire par « découverte du monde », englobant sciences, histoire, géographie). Il me semble que c’est une matière présentée de manière beaucoup plus concrète qu’en France, avec des réalisations pratiques individuelles et par petits groupes. Sarah a réalisé une « timeline », racontant une chose importante de chaque année de sa vie. Et aussi un « diorama », présentant les modes de vie de la culture aborigène et de celle de « maintenant ».

Il y a aussi le « writing » (rédaction) qui est enseigné de manière formelle. J’ai ainsi eu la chance d’assister (pour essayer de traduire pour Sarah, qui, sinon, aurait été bien perdue) à des leçons expliquant entre autres que dans une introduction, il faut présenter la réponse aux « 5 W et 1 H » (who, where, when, what, why et how). Claire et Simon pensent qu’ils n’ont jamais abordé ça avant le collège !

Et au lycée, à partir de Year 10 (équivalent de la 2de en France), les matières sont au choix. Un peu comme ce que la Réforme du lycée essaie de mettre en place en France, mais … avec déjà 15 ans d’expérience derrière eux ! Donc rassurez-vous, c’est faisable, et … c’est plutôt chouette ! Ca recoupe un point de pédagogie, exprimé par le directeur du lycée, que je trouve intéressant : « l’important, c’est que l’enfant soit motivé pour se lever et venir à l’école, pour y faire quelque chose qu’il aime ». En partant du principe que si on aime une matière, on la travaille plus volontiers, donc on réussit mieux ! Et toutes les « matières » semblent sur le même plan, de la programmation à la cuisine, en passant par le dessin ou les maths, sans les distinctions Françaises entre enseignement général, technologique ou professionnel.

En Year 10, il y a donc 3 matières imposées (Maths, Sciences et Histoire-géo-éducation civique, + Sport) et 3 matières au choix. Ensuite, il n’y a plus que des matières au choix : 6 en Year 11, et 5 en Year 12, l’année finale, très remplie avec préparation pour les examens finaux et les dossiers pour le Supérieur. Quand on leur a dit que pour le bac en France, Claire aurait dû avoir 9 épreuves, ils n’en sont pas revenus !

La variété des matières proposées au lycée nous a étonnés aussi : Claire a choisi Psychologie et Droit (« legal studies »), qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de découvrir sans notre séjour australien ! Quelle chance !

M comme « Maisons » (« house »)

En France, on a entendu parler des « maisons » d’école en lisant Harry Potter, mais figurez-vous que, effectivement, chaque élève appartient à une « maison », qu’il y en a en général 4 par école (sauf dans les écoles avec un très grand nombre d’élèves), et qu’il y a des « points » attribués, en fonction d’un certain nombre de critères.

Le badge de Dunlop, avec son emblème : la « blue wren », qu’on trouve partout dans la campagne

Les « maisons » de l’école primaire sont des personnalités australiennes connues (mais pas de moi il y a trois mois) : Dunlop (médecin pendant la seconde guerre mondiale), Namatjira (artiste peintre aborigène), Freeman (athlète championne olympique), et Wood (chirurgienne pédiatrique). Sarah est « Dunlop », et a beaucoup d’admiration pour son « house captain », qui est à ses yeux « le grand gentil qui sait tout » du haut de ses 12 ans. Et elle a un badge de sa maison, qu’il a fallu coudre sur le T-shirt d’uniforme : très important ! Et l’idée de faire gagner des points à sa « maison » est une vraie motivation au quotidien !

Les « maisons » du lycée sont des noms d’arbres australiens : Banksia (celle de Claire et Simon), Acacia, Warrata, et Grevillea. Chaque « maison » a son « chant », que les jeunes s’entrainent à répéter, à crier en fait (un peu comme des « cris de sizaines » dans les milieux scouts; on a d’ailleurs parfois l’impression que certains éléments de pédagogie sont empruntés au scoutisme !). La compétition amicale entre les maisons est favorisée, notamment dans des évènements festifs comme le « swimming carnival » (voir l’article de Claire). Et ces grands ados se prêtent volontiers au jeu !

En-dehors des événements festifs, les « house » au lycée servent de point de repère; comme les élèves ont tous des matières différentes, il n’y a pas de « groupe-classe », mais il y a des « mentor groups », de 25 élèves, au sein des « house », qui constituent l’unité de vie, le point de repère, le petit groupe d’appartenance, de chacun. Ces « mentor groups » sont constitués d’élèves de tous les âges, et se retrouvent tous les jours, avec un « mentor teacher », pour des activités variées, certaines relevant de ce qu’on appelle « vie de classe » en France, mais aussi des activités plus orientées sur la connaissance de soi et la vie en collectivité.

N comme Nourriture

A l’école ici, il n’y a pas de « cantine » ! L’idée même d’une cantine, avec l’organisation que ça représente de faire la cuisine, servir, etc … , avec des adultes qui ne feraient que ça, chaque jour, leur semble presque incongrue ! Et aussi le fait que les enfants mangent tous la même chose leur semble étrange. Chaque enfant vient à l’école avec sa « lunch box » dans laquelle on met de quoi faire un « snack » (à 11h) et un « lunch » (à 13h-13h30). Pour l’école primaire, on a reçu des consignes très bien faites pour le contenu des lunch box, prenant en compte la dimension équilibre alimentaire, et la dimension anti-gaspillage.

Au début, j’ai eu du mal, avec l’impression de ne pas varier assez. Et puis, nous avons vite pris nos habitudes, avec, selon l’inspiration du moment : sandwich ou salade composée et fruit (pour le lunch), et puis muffin, part de gâteau, crêpe parfois, galette de maïs, noix, fruits, yaourt, compote, crudités, etc … (pour le snack). Le problème des salades composées, c’est qu’il ne faut pas oublier ses couverts ! C’est arrivé une fois à Sarah, avec une salade de riz, et … elle a suivi les conseils de sa copine indienne, qui lui a montré comment manger proprement avec les doigts !

Les enfants n’ont pas le droit d’échanger de la nourriture, ni de gouter chez le voisin. Ca me parait bien dommage, parce que, en sortie scolaire, j’ai vu certains camarades de classe qui avaient des trucs genre « gros raviolis chinois », bien appétissant ! Certains enfants ont toujours, tous les jours, la même chose, ce qui étonne beaucoup Sarah. C’est vrai que nous avons l’habitude de varier les menus, c’est très Français, finalement. Mais aussi, certains enfants n’ont vraiment pas grand chose dans leurs boites : est-ce une habitude alimentaire culturellement différente, de ne presque pas manger dans la journée ? ou est-ce que des familles sont en difficulté au point de ne rien avoir à mettre dans la lunch box de leur enfant qu’une carotte et une banane ? Je ne sais pas …

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Un grand bol d’air

L’hiver est arrivé ici. On a commencé par un « Antarctic blast », comme ils disent – un bon coup de vent, froid et pluie, trois jours d’averses et de ciel gris, températures en dessous de 10 °C. Il a neigé dans les montagnes. A la maison, qui n’est pas vraiment isolé, il fait péniblement 15. Et c’est un peu pénible de rester assis toute la journée pour y travailler…

Ce dimanche, on a donc décidé d’aller s’aérer un peu. Comme je le disais la semaine dernière, « prendre de l’exercice » est une raison valable pour sortir…

On n’est pas en groupe ? On ne va pas bronzer ? Bon, c’est bon alors…

Quelques familles marchent sur la plage, se saluent d’un signe de tête de loin. Il fait un peu gris, il y a du vent, un temps de plage d’hiver….

Ce bol d’air, pas sponsorisé du tout, vous était offert par kangouvert…